II. ELECTION DE MELECE
pleine d'amertume, au souvenir des injures subies, s^arrête avec une sympathie marquée pour rendre hommage à celui qui l'avait intronisé : m Leur président, écrit-il en parlant des Pères de 381 (1), était un homme très pieux, simple, sans artifice dans ses manières, plein de Dieu. Son visage respire la paix, il éveille à la fois confiance et respect en ceux qui le voient; c'est le champ de TEsprit. Qui a méconnu l'homme que désigne ce discours, le chef de l'Eglise d*Antioche? Il était ce qu'il se nommait; son nom disait ce qu'il était, car il y avait du miel dans son caractère comme dans son nom. >
Malgré les préventions qu'il conservait encore, au moment où il écrivait son livre sur les hérésies, le partisan déterminé des Eustathiens, S. Epiphane, rendait volontiers lui aussi hommage au caractère de Mélèce alors exile: « Il vit maintenant (377) dans son propre pays, homme digne d'estime et bien regretté, surtout pour ses belles actions. Sa vie est très recommanda ble, ses mœurs en tout excellentes. Il est bien cher au peuple pour sa manière de vivre ; tous le divinisent (2). »
Ces qualités étaient connues des amis de Mélèce : on en parla beaucoup lors de son élection. Aussi lorsque Constance renvo3'a chercher dans la petite cité où il s*était retiré en quittant son premier diocèse, un mouvement général de s^^mpathique curiosité jeta la ville entière à sa rencontre : derrière les évéques et le clergé, les Juifs et les païens euxmêmes s'étaient massés pour voir l'homme dont on disait tant de bien. Ariens, pauliniens, orthodoxes
(1) Greg. Naz. Carm. de X'îta sua. 1514-1521. {2) Haer. 7a 35.