‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 25 sur 96 · II. EXIL DB MéLÈCB · texte numérisé non relu

II. EXIL DB MéLÈCB

fit briller sa doctrine et votre ferveur, sa doctrine puisqu'en moins de trente jours, il eut assez de puissance pour vous bien fonder dans le zèle de la foi : après cela des vents infinis eurent beau s'abattre sur vous, renseignement reçu resta inébranlable ; votre ferveur, parce qu'en moins de trente jours vous avez mis tant de soin à recevoir ce qu'il semait que les racines descendirent profondes dans vos intelli-r gences et aucune des épreuves qui survinrent ne purent les faire céder.

« Ce qui advint alors fut admirable : le pasteur était chassé mais les brebis ne se dispersaient point; le pilote était renvoyé mais l'esquif ne sombrait point ; l'agriculteur était exilé et la vigne n'en était que plus fertile. Comme le lien de la charité vous unissait tous ensemble, ni la succession des épreuves, ni lapparition des dangers, ni la longueur de la route, ni la durée du temps, ni rien autre ne put vous séparer de ce bienheureux pasteur. On l'avait chassé pour Téloigner de ses enfants : le contraire se produisit. Il vous était plus étroitement uni par les liens de la charité ; il partit emportant toute la ville avec lui en Arménie. De corps il était dans sa patrie mais la pensée et l'&me, allégées par la grâce de l'Esprit comme par des ailes, habitaient contî* nuellement parmi vous et rassemblaient tout ce peuple dans son cœur. Vous éprouviez les mômes sentiments. Demeurant ici renfermés dans la cité, le souffle de la charité vous faisait envoler chaque jour en Arménie ; vous y contempliez son visage saint, vous y écoutiez sa douce et bienheureuse voix et vous reveniez ici. Voilà pourquoi Dieu permit qu'il fût aussitôt chassé de la ville : vous deviez montrer, comme je l'ai dit, la fermeté de votre foi

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aux ennemis qui vous faisaient la guerre et Thabileté de Mélèce à vous instruire (1). »

Mélèce fut exilé au début de Tannée 361 (2). Quelques mois après Constance mourait subitement, au moment où il se préparait à châtier la révolte de Julien.

|1) s. Chrjs. in S. Melct, 515-517. On veut voir à ce propos ce que Soc rate (II. 45) et Sozomène (III. 29) rapportent des controverses entre catholiques et ariens lors du conciliabule d*Euzoios à Antioche.

(2) Pour la discussion détaillée de cette date cf. Bosch. Patr. Ant. n" 221)-3G. Les points extrêmes sont Télection d'Eudoxe à Constant! • nople (27 janvier 300) et la mort de Constance (3 nov. 3G1). Selon Socrate et Sozomène ce serait pendant la guerre contre les Perses, mais ils affirment à tort que Constance était absent d*Antiocbe. Selon Tbéodoret, Télection eut lieu après un armistice en temps de paix, Constance résidant h Antioche. Constance n*a pu %*j trouver que pendant Thiver 3iK)-301 où la guerre est interrompue bien qu'il n*y ait même pas d'armistice (Amm. Marcell. XX. 11). Comme le siège d' Antioche était vacant depuis janvier on dut se hâter d'y pourvoir. Selon Philostorgc ( V. 1) Télection aurait eu Heu un peu plus tôt, car il nous montre Acace, après le concile de Constantinople, courant à travers TAsie, — xv2Tof/r,)v, — pour remplacer les évèques déposés.

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Note D.

Lies antécédents de Mélèce.

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