‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 26 sur 96 · IjC premier épiacopat de Milèce · texte numérisé non relu

IjC premier épiacopat de Milèce

L^afBrm&tion de Socrate, d*après laquelle Mélèce aurait été transféré une première fois de Sébaste à Bérée puis à Antioche, est inacceptable. Il y a peut-être confusion avec la translation d'Eustathe; peut-être aussi, a-t-il mal interprété une source qui indiquait Bérée comme la ville d'où Ton fit venir Mélèce, lors de son élection à Antioche. Il faudrait dans ce cas ridentifier avec celle dont parle Théodoret. Mais c'est à tort que M. Loofs, avec plusieurs auteurs récents, renvoie à ce dernier II, 27 pour prouver que Mélèce fut évoque de Bérée. — Socrate ne mentionne plus la translation de Mélèce à Bérée, dans un chapitre où elle avait naturellement sa place, puisqu'il est consacré à recueillir les exemples de translation au IV siècle (VII, 36).

L*épiscopat de Sébaste est bien attesté ; deux auteurs seulement parmi ceux qui rappellent la translation de Mélèce, ne le mentionnent pas expressément. Théodoret se contente de parler d'une ville d'Arménie : Sébaste était la capitale de TArmenia I>; c'est d'ailleurs le nom sous lequel on la désigne couramment pour la distinguer des autres villes homonymes, Sebastia Armeniorum. Epiphane dit qu'on transféra Mélèce du Pont ; Sébaste fait partie de cette région. 11 n'y a donc pas discordance.

La question prête pourtant à d'autres difficultés à peu près insolubles. Sébaste avait déjà un évêque : Eustathe, bien connu par son r61e dans l'établissement de la vie monastique et sa place au sein de l'arianisme. Cet étrange personnage fut souvent déposé, par son propre père l'évêque Eulalios, tout d'abord. A laquelle de ces dépositions faut-il rapporter l'élection de Mélèce? Tillemont essayant de sauver quelque chose du témoignage de Socrate qui se prononce pour Constantinople, tout en faisant assister Mélèce comme évêque au synode de Sêleucie, pense que l'élection remonte à un concile peu connu de Mélitène, dont il fixe la date à 357 f Mémoires^ t. VIII. S. Mélèce I, p. 147a et note 2, p. 332; pour Séleucîc, note 1, p. 331-32 . J'ai étudié ailleurs cette hypothèse et montré ce qu'elle a de plausible si l'on abaisse la date à l'an-

ANTÉCBDBNTS DB MéLKCB 95

née 358 59 ^Lt de Virginitate de Basile d*Ancyre. RHE. 1905. p. S . L*hypothèse de Constantinople garde cependant sa probabilité, s*il est vrai comme on Taccorde communément qu'il s*écoula environ un an entre Tintronisation d'Eudoxe à Constantinople et celle de son successeur à Antioche. Il faudrait supposer que le remplacement des évéques déposés se fit au concile même (comme dans le cas d*Annianos à Séleucie). Phi- ' lostorge indique cependant le contraire, à la différence de

< Socrate. Il dépeint Acace parcourant TOrient où il donne un

{ évéque à Nicomédie, à Ancyre, à Tarse. La manière dont il

j parle de Mélèce fait supposer qu*il le considère comme déjà

I cvcque de Sébaste en ce temps-là. Même s*il n*a été nommé

I qu*en 360, au début de Tannée, Mélèce a pu exercer assez

I longtemps sa charge pour qu1l ait eu le temps d*en goûter les

' amertumes et de quitter la ville plusieurs mois avant sa nou-

velle élection. Le motif qu'indique Théodoret (III, 10} le montre: ! Twv apyojjiivwv to ouoVjViov ouï'y^tpir/a^. Ûattachement des

habitants pour Eustathe explique suffisamment cette décon- ! venue. — Cf. Loofs. RE. v. Eustathxus et Meletiuê. Il adopte

rh3'pothèse de Mélitène. L*on sait que Mélèce était originaire de cette dernière ville. (Philost. V, 5.) En tout cas Eustathe ' ne lui garda pas rancune. Mélèce et lui vivent en bons

> termes, lors du troisième exil de Tévêque d*Antioche^ jusqu'au

' jour où rhérésîe manifeste de Tancien disciple d'Arius impose

une rupture inévitable.

' L'irrégularité de la translation de Mèlècc n'est guère signa-

lée que par Rufin et probablement aussi par Théodoret. Les Eustathiens et leurs amis en Orient comme en Occident n*y font jamais allusion. Le contraire est avancé couramment à tort; il n'y a pas de texte certain qui appuyé cette assertion. i On reprochera à Mélèce d'avoir été élu par des ariens, d'autres

; comme S. Epiphane, S. Jérôme ou Pierre d'Alexandrie met-

tront en doute son orthodoxie, nul ne lui cherche querelle pour son premier épiscopat.

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