‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 35 sur 96 · IV. PERSÉCUTION DB VALBN · texte numérisé non relu

IV. PERSÉCUTION DB VALBN

de rOrient. Après avoir formé de nombreux disciples, il s'était retiré dans une caverne à l'entrée de rOsrhoène (1). Des ariens répandirent le bruit que Julien partageait leur croyance. Les chefs de la communauté mélécienne, Flavien, Diodore et Aphraate, un moine descendu de la montagne pour prendre activement part à la lutte contre l'hérésie, voulurent réfuter péremptoirement ce mensonge. Sur leur demande, Acace, le futur évêque de Bérée et Astérios se rendirent près de leur ancien maître et le décidèrent à visiter les méléciens. Julien parut dans leur assemblée et pria avec les persécutes. Une foule curieuse était accourue, attirée par sa réputation de saint et de thaumaturge. On parla beaucoup de ses guérisons ; le comte d'Orient lui-même avait fait venir l'anachorète pour lui demander la santé et avait été soulagé (2). Mais rien ne fut changé au sort des méléciens, quand Julien eut regagné la solitude.

La bourrasque fut violente mais s'apaisa vite. Le soulèvement de Procope (365 sept. -366 mai), puis la guerce contre les Goths (367-70) détournèrent Valens de la persécution. Profitant de ce relâche, Mélèce revint à Antioche où il reprit la direction de sa communauté. A ce moment-là même, Dieu lui

(!) Theod. HR. II. début PG. 82. 1305.

(2j Tbeod. HR. 1321 c. — Cest évidemment à ces faits que pensait S. Chrysostome lorsque! disait à ses auditeurs (Hom. 21 in Rpist. ad. Kpbes. PG. 62 c. 153.) : • 'Im oi^u xsl dxr.x^aTC, ot Zk xsl fOtii>pY«9aTt t6v dEvSfs ^ }iA!Xiii vûv ipiTv, 'Io*jAtsv(»v Xc^w t6v 03V}jls9T^v. Outoc f^v ivf^ «Ypouo;, Tsi:ttv6c xxl tx txiaivûv* oOci oXb»; xf,; î^bi^tv ■rxiôiCsc Iji'Rcipoc .aXkà Tf^C ài:Ai9Tou ^tXovo^Iac r,t7:\r^[U^i. To'^tou tU *i^; 7:6Xti^ c}i€iXXovTo;, 9savtix*.« 6i xoÛTO cyCvcTo, oÛTt ^T,T^pu>v oÛTC ffg^iTtûv o(Wt âXXou Tiv6; tt«t XaûvovTo;, xoiaûrri xtc cvfvcTO auTcpo^V,. T{ oc Xiv» ; o^/l TtiYsia^ ^avtXlwv xal xà ôvojia aÙToC Xa^irpÔTipov âôiTat Iti xal vûv; o Cf. sur Julien lea 2\ bymnes de S. Ephrem (éd. Lamy 111. 83^936); peuvent se rappoiter à fOQ œuvre à Antiocbe: 1. 7-9; III 3-4 ; XVI. 10.

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AMBASSADE HOMÉOUSIBNNB 135

amenait une recrue de choix; Jean, le futur Chrysos-. tome, s'initia sous sa conduite à la vie cléricale ; Mélèce le baptisa et l'ordonna lecteur après Tavoir, pendant trois ans, formé par ses exemples et ses leçons (1). La persécution avait été violente aussi contre les anciens homéousiens ou macédoniens. Lassés des mauvais procédés d*Eudoxe à leur égard, ils envoyèrent en 366 une ambassade en Italie (2). En leur nom, Eustathc de Sébaste, Sylvain de Tarse et Théophile de Castabale signèrent sous les yeux du pape Libère une formule où ils reconnaissaient explicitement l'homoousios et la doctrine de Nicée. En retour, le pape écrivit aux Orientaux qu'il les admettait pleinement à sa communion et confirma dans la possession de leur siège tous ceux qui adhéraient à la même foi. Les évéques des Gaules et d'Italie ajoutèrent d'autres lettres de communion ; un S3'node de Sicile encouragea les députés et, lorsqu'au printemps de 367 les nouveaux orthodoxes rentrèrent en Orient, ils furent accueillis avec enthousiasme. Au concile de Tyane (printemps 367) auquel Mélèce n'assista point, peut-être parce qu'il était encore exilé, mais où nous trouvons plusieurs de ses amis, signataires de la foi d'Antioche sous Jovien (3), l'espoir se fit jour que l'union s'établirait

(1) Cf. PuECH. s. Jean CkryMêtomt, ch. II. Je suis Pallad. ch. V iPG. 47. 18). Son témoignage est plus sûr que celui de Socrate, qui fait ordonner Jean lecteur par Zenon revenant de Jérusalem (VI. 3). Zenon était évèque de Tyr !

(2) Sur Tambassade et le concile de Tyane : Socr. IV. 1-3; 11-12; Soz. VI. 7, 10-12 (Socrote ne parle pas du concile de T^'ane) : èva^vvenLfzii xà A'.€cp(ou «al tûv svà Tt,v oû7iv vpijijisTx (Soz. ^*I. 12). S. Basile, à propos d'Eustathe, a fait plusieurs fois allusion au concile de Tyane, vg. ep. 220 c. 8'i8 B. - PL. 8. 1381-8G la lettre de Libère, dont Vancienne traduction latine fait croire indûment à la présence de Mélèce d'Antioche parmi les destinataires.

(3) Soz. VI. 12, cf. note G.

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