IV. PERSÉCUTION DB VALBNS
le pouvoir. Ce pouvoir ils le détiennent en fait et dévastent TEglise qu'ils devaient servir. Deux hommes peuvent seuls parleur concours procurer quelque soulagement à tant de maux : Mélèce, avec qui rOrient orthodoxe presque tout entier est en communion, Athanase, sorti vainqueur de toutes les luttes, respecté maintenant par Valens (depuis le 31 janvier 366), et honoré de la confiance absolue des Occidentaux. Mais ces deux hommes, que Basile vénère et aime profondément (1), sont désunis. Le schisme d'Antioche, cause de cette désunion, est le principal obstacle à Tœuvre si désirée de la pacification. Malgré sa modération, Basile n*hésite pas un instant sur la solution de ce conflit. Un sentiment très aigu de la justice et son ferme esprit politique la lui dictent et font taire les autres préoccupations : Mélèce est le seul évêque légitime et le seul acceptable pour rOrient. Si la réunion des divers partis à Antioche devait jamais se faire, Tunique moyen était '« de soumettre tous les membres du corps à la tète, de ramener au fleuve tous les ruisseaux séparés. »
(i). Pour Mélèce les lettres que j*ai à citer en font foi suffisamment; p3ttr Atbanase, outre les lettres citées dans le cours de ce chapitre, cf. ep. 154. (PG. 32. 612 A\
On ignore à quelle date S. Basile fit la connaissance de Mélèce. Socrate (IV. 25) dit que Basile fut ordonné diacre par Mélèce, lorsqu'il abandonna Tétude de la rhétorique pour celle de TEcriture. Mais d*après Philostorge (IV. 12), Ba^le assiste en qualité de diacre au concile de Constantinople (HûO . Or Mélèce ne fut élu à Antioche que quelques mois plus tard. Je ne sais si la formule de la lettre 57. 406 A autorise à conclure que S. Basile n*avait pas encore vu Mélèce. On la retrouve ailleurs vg. ep. 100, 50% D., ep. 130, 576 B, légèrement modifiée, pour des correspondants avec qui Basile a déjà conversé de vive voix. Je signale à simple titre de curiosité bibliographique la scolie du Coisl. 50 et du Colbcrt. 499 (x* s.) : oûxo; 6 ^(^70; cpp<(h^ c^l
oisx^vou SvTo;. (PG. 31. 385, note 76). La question du diaconat de Basile est d'ailleurs à étudier de plus près.
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PAOJBTS DB 8. BASILE 139
' Ces projets que Basile avait mûris dans de longues réflexions, il avait maintenant Toccasion de les réaliser. A peine élu, encore en butte dans sa province aux attaques de ses suffragants qui n*ont pas craint de provoquer un petit schisme pour manifester leur mécontentement de le voir à leur tète, Basile reprend Tœuvre interrompue, depuis le concile de Tyane. Valens doit la couronne à son frère Valentinien : une intervention des évêques de Rome et de TOccident auprès de celui-ci est la dernière ressource des persécutés; Tunion étroite de la chrétienté est aussi le seul remède efficace aux autres maux dont souffre l'Eglise. Il faut renouer les relations amicales avec l'Occident et pour cela pacifier les orthodoxes en Orient et les unir, à Antioche tout d'abord. Ce double but occupe dès lors toutes les pensées et dirige tous les actes du vaillant évêque. Tour à tour il crut y toucher et désespéra d'y arriver jamais. Dans ces crises douloureuses, son Ame loyale exhala plus d'une fois des plaintes amères : elles montrent dans toute leur profondeur les angoisses de son âme et la sincérité de ses efforts.
Dès la fin de 370, Basile attire l'attention d'Eusèbe de Samosate, ami et compagnon d'armes de Mélèce, sur les affaires d' Antioche (1). Il s y passait alors quelque chose de grave, peut-être était-ce le départ de Mélèce pour son troisième exil (2). Cet exil ne tarda guère en tout cas ; dès l'année suivante, l'évêque d'Antioche est fixé en Arménie dans
(1) Ep. 58. :^ A. Fin 370 ou début 371 : DémophUe est à Constantînople roX'jv Ifir^ xp^vov.
(2) Le triple exil de Mélèce est attesté par S. Grégoire de Nysse, PG. 40. 857 et par Théodoret. Ep. i51. PG. 85, 1439 AB).
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