IV. PERSECUTION DE VALENS
sa terre de Gétasa (1) où Basile vînt le visiter. Déjà il avait écrit à Mélèce la lettre si touchante d'affectueuse vénération dont j'ai parlé plus haut. Elle se terminait par l'annonce à mots couverts d'un important projet, que la prudence lui conseillait de ne pas écrire, mais sur lequel Théophraste, le porteur de la lettre, lui donnerait des explications ,2). C'était sans doute le projet que vers ce temps il soumettait à révoque d'Alexandrie. Dans une longue lettre où il décrit avec la plus poignante émotion sa douleur pour l'état de l'Orient, Basile, sachant que nul plus que le vieil athlète de la foi ne devait être sensible à ces maux, expose ce qui lui parait à faire (3) :
« Je le sais depuis longtemps par la médiocre
expérience que j'ai ; il n'y a qu'un moj'eh de secourir nos églises, c'est que les évoques d'Occident soient d'accord avec nous. S'ils voulaient, comme ils l'ont fait pour un ou deux dévoyés de la foi en Occident, témoigner d'un zèle semblable pour nos pays, peutêtre les affaires communes en seraient-elles aidées ; les chefs feraient attention à l'autorité de la multitude et partout les peuples les suivraient sans contradiction. ■>
Athanase est l'intermédiaire désigné pour ces négociations ; Basile le supplie de prendre en main cette cause digne de son grand cœur. Mais il y a une seconde œuvre à entreprendre non moins urgente :
« Les autres affaires de l'Orient demandent peutêtre le concours de plusieurs et il nous faut attendre les Occidentaux. Le rétablissement de l'ordre dans l'Eglise d'Antioche dépend évidemment de votre
(1) Bas. Ep. (19. SOI A.
(2) Ep. 57. 406 A.
(3) Ep. 65. 424 BC. En a71.
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piété : les uns sont à diriger, les autres à apaiser» il faut rendre sa force à TEglise par la concorde. Et qu'il vous faille pour cela comme les plus habiles médecins commencer la cure par les parties essentielles, vous le' savez mieux que personne. Or qu'y a-t-il dans les églises de l'univers de plus important que TEglisc d'Antioche? Si elle pouvait revenir à la concorde rien n'empêcherait, la tête se portant bien, qu'elle fournit au reste du corps la santé. Mais en vérité, votre sagesse et votre évangélique sympathie sont nécessaires aux infirmités de cette ville qui n'est pas seulement divisée du fait des hérétiques, mais tiraillée encore par ceux qui déclarent avoir les mêmes sentiments. Les unir, les ramener à l'harmonie d'un seul corps est l'œuvre de celui-là seul qui, dans son indicible puissance, a donné aux os desséchés de retrouver leurs nerfs et leur chair (1). Mais, en général, le Seigneur exécute ses grandes œuvres par ses saints. Ici encore donc, nous avons l'espoir que pareil ministère convient à votre magnanimité pour apaiser le trouble du peuple, supprimer les directions partielles, les subordonner tous dans la crainte et rendre son ancienne force à l'Eglise (2). » Le diacre de Mélèce, Dorothée, porteur de la lettre, fit remarquer à Basile qu'elle n'était pas assez explicite. L'évêque de Césarée reprit la plume et cette fois exprima nettement sa pensée (3) :
(1) Ezech. XXXVn.
(2) Rp. GG n. 2.
(3) Ep. G7. Ernst, Loofs et Lîetzmann placent la lettre 00 avant 07, parce que Dorothée est longuement présenté dans la première, tandis qu'il est brièvement signalé dans la seconde. I/argument n*est pas assez solide. La manière dont il est parlé des affaires d*Antioche dans la lettre GC, où un paragraphe exprès lui est consacré, tandis que dans œ fin on renvoie la question à un autre temps, indique que c'est bien
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