IV. PERSECUTION DE VAI.ENS
l'empereur des exilés ; ilsf estiment même à gain qu'il n'arrive rien de pire aux églises. Si donc le projet parait aussi utile à votre sagesse, veuillez minuter les lettres et arranger un mémoire sur ce qu'il faut dire et à qui. Pour que la lettre inspire confiance mettez-y les noms de tous ceux qui partagent notre opinion, même s'ils ne sont pas présents. »
Nous ne savons quelle décision prit Mélèce (1). Il semble qu'il se contenta d'approuver le mémoire de Basile et l'engagea à écrire lui-même. La lettre de révèque de Césarée, adressée à Damase, tout en gardant un caractère assez personnel, roule cependant sur les affaires générales. Basile y décrit l'état pitoyable de rOrient et l'espoir qu'il fonde sur une visite des Occidentaux (2) :
« Nous avons toujours été consolés par votre extraordinaire charité et une nouvelle favorable nous avait pour quelque temps fortifié l'&me en nous annonçant que vous veniez nous voir.
«. Mais, nos espérances trompées, à bout d'endurance, nous vous écrivons pour vous appeler, vous exciter à nous secourir, à envoyer quelques-uns de vos unanimes qui réconcilient ceux qui sont divisés ou ramènent à l'unité les Eglises de Dieu, ou, du moins, vous fassent connaître plus clairement ceux qui causent le désordre, pour que vous sachiez dé-
(1) U est inutile de discuter rofflrmation plusieurs fois répétée de M. Ernst (p. U33, G'«5, riGi-(i2) : Mélèce aurait vu avec assez dMndifférence cette correspondance avec Rome et aurait montré de plus en plus de Téloignerocnt à mesure que le pape se déclarait davantage pour Paulin. \jc parti pris crève les yeux : c*cst un diacre de Mélèce, Dorothée, qui est Tagent actif des négociations; Mélèce écrit plusieurs fois les synodiques au nom des Orientaux. Aucune trace dans la correspondance de cette prétendue mauvaise humeur. ,
(2) Ep. 70 en 371.
ii>i».i>i
"■iB^M^Bm^
■dk
LETTRE A DAMASB 145
sormais avec qui il convient de communiquer. Nous ne demandons rien de nouveau mais une chose familière aux saints hommes d'autrefois et spécialement à vous [les évèques de Rome]. Nous savons^ par la tradition de nos pères et les lettres que nous conservons encore, que le très bienheureux évêque Denys, illustre chez vous pour Torthodoxie de la foi et ses autres vertus, visita par lettres notre Eglise de Césarée, consola ainsi nos pères et envoya des gens racheter la fraternité captive. Nous ne pleurons pas la ruine de maisons de boue, mais la perte des églises, ni la servitude corporelle, mais la captivité des âmes qui se renforce tous les jours à ce que nous vo^'ons, grAce aux défenseurs de Thérésie. Si vous ne vous levez pour nous secourir, dans peu de temps vous ne trouverez bientôt plus même à qui tendre la main, car tout sera au pouvoir de Terreur. »
Dorothée chargé de cette lettre se rendit d*abord chez Athanasc, auquel Basile adressait un nouvel appel et détaillait son projet {l). Il le remerciait de Tœuvre pacificatrice accomplie par Pierre dans son voyage à travers l'Orient et le priait de favoriser de toutes ses forces la mission de Dorothée. Lui-môme avait écrit à Damase pour que, suppléant à la décision d'un s3'node dont la réunion était impossible, il prit l'initiative d'envoyer par mer et secrètement en Orient quelques délégués « capables de supporter les fatigues du voyage, hommes de douceur et de caractère, aptes à ramener les dévoyés, sachant se servir de la parole à propos et avec mesure. » Ils apporteraient toutes les déci-
(1) Ep. m, en 371.
'"''' -~ ■^ *'---• — Il ■ Il I , ,, ff '