‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 43 sur 96 · IV. PERSÉCUTION DE VALENS · texte numérisé non relu

IV. PERSÉCUTION DE VALENS

sions prises depuis Rimini. pour effacer ce que la force avait accompli là. Basile exprimait ensuite énergîquement le désir manifesté par les Orientaux de voir condamner l'hérésie de Marcel d'Ancyre : les Occidentaux Tavaient trop ménagé.

ce Les circonstances actuelles demandent qu'on le mentionne pour ne point fournir de prétexte à ceux qui en cherchent, au sujet de Tunion des orthodoxes avec votre Sainteté. Il faut le signaler à tous ceux qui chancellent dans la foi vraie. Nous connaîtrons ainsi désormais ceux qui ont la même doctrine que nous et n'irons pas, comme dans un combat de nuit, traiter de la même façon amis et ennemis. Veuillez seulement envoyer par le premier bateau le diacre Dorothée. L'année prochaine quelqu'un de nos souhaits sera ainsi accompli. Bien entendu, je n*ai pas besoin de le dire, vous veillez à ce que lorsqu'ils viendront, si Dieu le veut, ils ne jettent pas les églises dans les schismes. Au contraire ils pousseront de toute manière à l'unité ceux qui reconnaissent la même doctrine, malgré les prétextes particuliers de division. Alors le peuple orthodoxe ne sera pa^s scindé en plusieurs parties, sous plusieurs chefs. Tout doit passer après la paix : pas de souci plus pressant que celui de TEglise d'Antioche, de peur que la foi ne s'y affaiblisse, parce que les vrais fidèles sont divisés pour des questions de personne. Vous pourrez d'ailleurs prendre meilleur soin de tout cela, lorsque, je le demande ù Dieu qui bénit vos travaux, tout le monde vous confiera le soin de restaurer les « Eglises ».

Cette lettre dévoile bien l'état d esprit des Orientaux : le souvenir de la maladroite conduite de Lucifer n'était point encore effacé, le schisme

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d'Antioche, déterminé au fond par de mesquines rivalités personnelles, la rappelait toujours. D*autre part, les inquiétudes soulevées par la doctrine de Marcel persistaient. Le vieux défenseur de Nicéc réhabilité par TOccident restait suspect. Aussi, peut-être à la suite de cette lettre et sur la demande d'Athanasc, envoya-t-il vers ce temps à Tévêque d'Alexandrie, son vieil ami« une députation pour rassurer de son orthodoxie (1). Athanase lui conserva son amitié jusqu'à la mort, mais la défiance des Orientaux ne fut pas désarmée et Taccusation de marcellianisme s*a jouta plus tard aux griefs que Ton avait déjà contre Paulin.

A Rome (371-72), la mission de Dorothée eut un succès partiel (2). On n*cnvoya pas de députés mais on le chargea de bonnes paroles pour TOrient. Les lettres qu'il rapportait étaient adressées directement à Athanase, intermédiaire naturel entre l'Orient et rOccident depuis les divisions. Un second messager le suivit bientôt (3), le diacre milanais Sabinus (4), député par un concile romain tenu sous Damase.

(1: PG. 18. c. 129ii-i:M> : Legatio Eugenit diaconi. Cf. Gwatkin, ch. VU. p. 25^.

(2) Je ne vois pas que M. Ernst et M. Loofs apportent des raisons sérieuses pour nier le voyoge à Rome. La présentation de Dorothée* dans la lettre 2'i3, — envoyée beaucoup plus tard, — n*exclut p«is un premier voyogc (cf. ep. (jli et GO supra', f^ silence de Tep. fK) n*est pas plus concluant. On y parle d*Athanasc qui a reçu effectivement les lettres. Risile, on vient de le voir, demandait qu*it envoyât Dorothée.

(3) La réponse de Basile sépare nettement les deux moments: il parle d'abord dos lettres qu'Atbanase a fait passer aux Orientaux, puis ajoute : 'K-iTt*.vt Zï f.jAlv x^;t rap^K^T,7:v 6 Kûptoc l\k toû uIov t.jlwv TO'j sC>Ax€i7?^T0u 9wÔi2x^vou SxSiv'jU ô; X2Î xi îTi^'t.jiîv àva;'^^?.., (Ep. 90. c. 472-73!.

{\) Cf. la souscription finale : Ego Sabinus diaconus mcdiolancnsîs Icgutus de authcntico dedi (PL. iX 3V.n. La date exacte du synode romain est inconnue.

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