V. LBS PARTIS A ANTIOCHB
dévoilait Tamour-propre qui en faisait le fond pri* mitif. Ici (1), Basile élève le débat, montre Timpor* tancé du côté doctrinal, dont il exagère d'ailleurs la portée, s'il est vrai, comme cela ne saurait faire de doute, que l'orthodoxie de Paulin fût indiscutable; Pourtant on ne. peut passer à la légère sur la ques* tîon dés hypostases ainsi soulevée. Elle va devenir pendant les années suivantes le point d'attaque des adversaires. Ainsi, à Antioohe, les divisions s'accroissent compliquées par les discussions dogmatiques dans toute leur intensité. Chaque parti a des reproches à faire aux autres et, tandis que les méléciens blâment Paulin et ses partisans de pencher vers lé sabellianisme, ceux-ci accusent Diodore et Flavien de n'être que des hérétiques déguisés. La lettre à Térence met en lumière cet état des esprits. (« Nous avons entendu dire que les frères du parti de Paulin racontent je ne sais quoi à ta droiture sur l'union avec nous, je dis nous, les gens du parti de l'homme de Dieu, l'évêque Mélèce. J'entends même dire qu'ils colportent des lettres de l'Occident qui leur confient l'épiscopat de TEglise d'Antioche sans tenir aucun compte de l'admirable évoque de la véritable Eglise de Dieu, de Mélèce. Cela ne m'étonne point : les uns ignorent absolument lesaiTaires d'ici ; les autres qui paraissent les savoir, les leur expliquent avec plus d'esprit de contention que de vérité. D'ailleurs il n'est pas invraisemblable ou qu'ils ignorent la vérité ou qu'ils cachent même la cause par laquelle le très bienheureux évêque Athanase fut amené à écrire à Paulin. Mais comme ta Perfection a là-bas des gens qui peuvent raconter exactement ce qui
(1] Ep. 214.
BASILB A T^RBNCB
s'est passé entre les deuxévèques du temps de l'empereur Jovien nous t'invitons à te faire pleinement renseigner par eux.
« D'ailleurs, comme nous n'accusons personne et que nous souhaitons avoir la charité avec tous et spécialement avec les « domestiques de la foi », nous nous réjouissons avec ceux qui ont reçu des lettres de Rome. Si elles contiennent quelque remar* quable et grand témoignage pour eux nous souhait tons qu'il soit véridique et confirmé par leurs œu* vres. Nous ne pouvons malgré cela nous persuader ou de méconnaître Mélèce et d'oublier l'Eglise qu'il dirige ou de croire sans importance les questions qui ont provoqué au début la dissension et de penser que cela est sans intérêt pour la religion. Je ne dis pas seulement que si quelqu'un reçoit une lettre des hommes et en conçoit de grands sentiments, je ne consentirai jamais à me laisser entraîner, mais si elle venait des cieux mêmes, et que le destinataire fût étranger à la saine doctrine de la foi, je ne le regarderais pas comme participant à la communion des saints.
« Considère en effet, excellent homme : les cor^ rupteurs de la vérité qui ont introduit en superfétation le schisme arien dans la foi de nos frères, ne prétextent aucune autre cause pour ne pas recevoir la pieuse croyance de nos pères, que la doctrine de l'homoousios, qu'ils expliquent perversement et en calomniant la religion entière. Ils disent que selon nous le Fils est consubstantiel quant à rh3'postase. Si nous leur donnons quelque prétexte en nous laissant entraîner par ceux qui affirment, par simplicité plutôt que par malice, ces choses, ou des choses analogues, rien n'empêche que nous leur
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