‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 53 sur 96 · V. LES PARTIS A ANTIOCHB · texte numérisé non relu

V. LES PARTIS A ANTIOCHB

habitez ait connaissance par votre piété de notre désolation (1). Si cela est difficile que quelques-uns d'entre vous du moins viennent voir et consoler les affligés. Ils verront de leurs yeux les souffrances de rOrient qu'il nous est impossible de faire entendre, car aucun discours n'est assez clair pour vous exprimer nos maux...

(i Tandis qu'aucun malfaiteur n'est jugé sans preuve, des évoques ont été condamnés sur de simples délations et, sans qu'aucune preuve fût administrée en faveur de l'accusation, on les a livrés aux châtiments. Certains n'ont même pas entendu parler d'accusateurs, ni de juges, ni môme été dénoncés, mais à une heure insolite de la nuit, enlevés de force, on les a exilés loin du pays et livrés jusqu^à la mort aux maux de la solitude.

« Nous craignons que le mal, grandissant comme une flamme qui s'avance à travers une forêt embrasée, quand il aura consumé ce qui l'avoisine, ne s'attache aussi à ce qui est plus loin. Le fléau de l'hérésie s'étertd ; il est à craindre que dévorant nos églises, il ne rampe ensuite vers la partie saine de votre paj's. Peut-être donc, parce que chez nous a abondé le péché, nous avons été livrés les premiers en pâture aux dents cruelles des ennemis de Dieu. Peut-être aussi, et cela parait plus probable, est-ce

{i} On ne comprendrait guère que ceci fut écrit après la mort de Valentinîen qui seul pouvait avoir quelque influence sur son frère. La lettre est donc antérieure à 370, écrite probablement les derniers mois de 375. Cest aussi la date qu'accepte M. Lietzmann. M. Loofs la place en été 37G, cf. p. 181, n. 1. Le prêtre Dorothée dont il est question ici est communément identiâé : 1* avec le diacre Dorothée des négociations antérieures ; — 2* avec le diacre Dorothée dont il est parlé dans la lettre à Kvagrios. Cest lui qui sera chargé jusqu*à la fin avec le prêtre Sanctissime des relations avec les Occidentaux. 11 a dû être ordonné prêtre en 374-75.

XETTRB AXnC OCCIDENTAUX 177

parce que TEvangile du royaume a commencé par nos pays à se répandre dans toute la terrei C'est pour cela que l'ennemi commun de nos Âmes tâche de faire que les semences d'apostasie, prenant commencement, se répandent des mêmes lieux et se distribuent partout. Ceux sur qui a brillé l'illumination de la science du Christ, l'ennemi médite de leur envoyer les ténèbres de l'impiété. (II Cor. IV, 6.)

« Regardez donc comme vôtres nos souffrances, ainsi que de vrais disciples du Christ ; ni richesses, ni gloire, ni aucun autre bien terrestre ne nous font attaquer, mais le bien commun du trésor paternel de la foi orthodoxe. Compatissez à nos douleurs^ ô frères aimants, car les lèvres des saints sont fermées chez nous tandis que s'ouvre toute bouche audacieuse et blasphématrice de ceux qui disent contre le Seigneur l'injustice (Ps. 74. 6). Les colonnes et les soutiens de la vérité sont dispersés ; nous, négligé à cause de notre petitesse, nous sommes sans courage pour parler. Combattez pour le peuple et ne considérez pas seulement ce qui vous concerne, que vous êtes à l'abri dans des ports tranquilles parce que la grflce de Dieu vous fournit un refuge contre la tempête des vents de la méchanceté. Tendez la main aux églises dans la tourmente de peur que complètement laissées à elles-mêmes elles ne subissent le naufrage de la foi.

« Nous devrions en grand nombre courir ensemble vers votre Grandeur et nous faire chacun l'interprète de nos propres affaires. Mais que cela même vous soit une preuve du mauvais état où nous nous trouvons : nous ne sommes pas maîtres de nous absenter. Si quelqu'un s'éloignait, rien que pour un

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168 V. LEJS PARTIS A ANTIOCHB

dévoilait Tamour-propre qui en faisait le fond pri^ mitif. Ici (1), Basile élève le débat, montre rîmportancé du côté doctrinal, dont il exagère d'ailleurs la portée, s'il est vrai, comme cela ne saurait faire de doute, que l'orthodoxie de Paulin fût indiscutable^ Pourtant on ne. peut passer à la légère sur la ques* tîon dés hypostases ainsi soulevée. Elle va devenir pendant les années suivantes le point d'attaque des adversaires. Ainsi, à Ahtioohe, les divisions s'ac* croissent compliquées par les discussions dogmatiques dans toute leur intensité. Chaque parti a des reproches à faire aux autres et, tandis que les méléciens blâment Paulin et ses partisans de pencher vers lé sabellianisme, ceux-ci accusent Diodore et' Flavien de n'être que des hérétiques déguisés. La lettre à Térence met en lumière cet état des esprits. <t Nous avons entendu dire que les frères du parti de Paulin racontent je ne sais quoi à ta droiture sur l'union avec nous, je dis nous, les gens du parti de l'homme de Dieu, l'évêque Mélèce. J^entends même dire qu'ils colportent des lettres de l'Occident qui leur confient l'épîscopat de TEglise d'Antioche sans tenir aucun compte de l'admirable évéque de la véritable Eglise de Dieu, de Mélèce. Cela ne m'étonne point : les uns ignorent absolument les affaires d'ici ; les autres qui paraissent les savoir, les leur expliquent avec plus d'esprit de contention que de vérité. D'ailleurs il n'est pas invraisemblable ou qu'ils ignorent la vérité ou qu'ils cachent même la cause par laquelle le très bienheureux évoque Athanase fut amené à écrire à Paulin. Mais comme ta Perfection a là-bas des gens qui peuvent raconter exactement ce qui

(1) Ep. 214.

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SANCTISSIMB CHEZ MéLÊCB

ce' qu'a réglé votre Sainteté pour que nous n'ignorions point votre décision (1). n '

Plusieurs semaines après trouvant que Sanctissime s'attarde chez Mélèce, il écrit de nouveau : <c Le frère Sanctissime est maintenant chez vous depuis longtemps et ce qu'il demande est bien connu de votre Perfection. Si donc la lettre aux Occidentaux vous parait nécessaire, veuillez après l'avoir composée me l'envoj'er pour que je la fasse souscrire à nos unanimes et que la souscription soit disposée sur une feuille séparée. Nous pourrons ainsi la rattacher à celle que colporte notre frère le prêtre. Pour moi je n'ai rien trouvé de compréhensif dans le mémoire, aussi n'avais-je rien à écrire aux Occidentaux. Ce qui est nécessaire est déjà traité; écrire des inutilités est tout à fait vain. Les ennuyer en se répétant ne serait-ce pas ridicule? Mais voici un point par où le sujet ne me semble pas encore touché et fournit matière à une lettre (2) : c'est de les avertir de ne pas recevoir indistinctement la communion de ceux qui viennent du Levant, mais, après avoir choisi une partie, de ne recevoir les autres que d'après le témoignage de ceux qui communiquent avec eux et de ne pas accorder leur suffrage à quiconque écrit une profession de foi sous prétexte d'orthodoxie. Ils se trouveront ainsi communiquer avec des gens en lutte qui souvent profèrent les mêmes mots mais se com-

(1) Basile ojoutc qa*on intrigue contre lui auprès de Valens à Antioche. Théodote de Nicopolis chez qui Mélèce semble s*ètre alors trouvé en exil reçut par la même occasion un billet où Basile lui recommande aussi de faire bon accueil 5 Sanctissime pour s*instruire de Tétat des Kgliscs et coopérer à Tœuvrc en vue.

2j Ce point précisément n>st pas traité dans la lettre 2^3 portée à Rome par Dorothée.

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battent les uns les autres comme les adversaires les plus opposés. Pour éviter que Thérésie s*enflamme davantage, tandis que ceux qui sont en dissension s*opposent les lettres des Occidentaux, il faudrait les avertir d'établir leur communion avec discernement et pour ceux qui vont les trouver, et pour les communications qui se font par écrit selon la règle de l'Eglise. »

Cette lettre porte sa date : elle fait directement allusion soit à l'adhésion de Damase à la profession de foi de Vital, soit aux lettres de communion envoyées à Paulin l'année précédente. Basile et Mélèce avaient le droit de se croire en communion avec l'Occident et Rome puisqu'il y avait échange de lettres depuis plusieurs années et qu'en particu* lier on avait souscrit tous les actes apportés par Sabinus. Mais, depuis. Vital persistait à montrer la profession de foi où Damase le reconnaît orthodoxe et Paulin prétendait légitimement être le vrai représentant de Damase. Or, à ce moment-là même, on l'a vu plus haut par une lettre de Basile et j'y reviendrai bientôt, commençaient à se reproduire avec plus d'insistance les accusations mutuelles d'hétérodoxie. La question des hypostases et de l'étendue de l'Incarnation fournissait ample matière aux trois partis. C'est le moment d'ailleurs où Basile, attaqué de son côté par Eustathe qui se démasque enfin pleinement, se voit reprocher à la fois d*adopter les erreurs d'Apollinaire et de communiquer avec le prêtre Diodore. S'il se défend de la première accusation, il accepte volontiers la seconde (1).

II, Ep. 24%. 3 'print. 370).

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PBSSIMISMB DE BASILE 181

Dorothée revînt d'Occident sur ces entrefaites (1). Ses inipressions étaient assez défavorables, à en juger par les plaintes amères de Basile dans une lettre à Eusèbe alors exilé en Thrace. Jamais peut-être il n*avait été aussi vif; mais, sans rappeler qu'il s'agit d'une lettre à l'ami le plus intime, lettre que doit porter Antiochos, le propre neveu d'Eusèbe, il suffit de lire tout le début pour comprendre cet éclat (2). Basile n'a que de tristes nouvelles à envoyer d'Orient: les ariens devenus tout-puissants élèvent à l'épiscopat les gens les plus vils; ils viennent de faire exiler Grégoire de Nysse, le frère de Basile, et ont installé à Doar je ne sais quel évéque arrivé par la protection d'une femme impie, qui veut disposer de lui à son aise, comme elle faisait de son prédécesseur Georges. Nicopolis est dans un triste état par suite de la perfidie de Fronton. Son arianisme maintenant déclaré en fait un objet d'exécration pour toute l'Arménie.

« Pour l'Occident, tu as vu toi-même le premier le frère Dorothée, il t'a tout expliqué. Quelles lettres faut-il lui donner à son nouveau départ? Il sera probablement compagnon de route de l'excellent Sanctissime qui a beaucoup de zèle et parcourt le Levant (3) portant de la part de chacun

(1) Cela ressort du fait qu'il vit Eusèbe le premier et que désormais il est associé à Sanctissime : 3C)t6< rpocv^Tv/c; oir,vr^9x;Alvou civTs xoiS iZiX-^Kt'j A. (n* 2). 11 faut donc admettre un voyage de Dorothée seul à Rome, pour y porter la lettre immédiatement avant la première légation des deux prêtres en37G. J*ai dit plus haut pourquoi J'attribuais à ce voyage «a lettre 2'â3. Il s*agit certainement du premier séjour de Sanctissime en Orient : «j» -rotari; yot, Sovixi irAtv IfTiiTcoXic dindvtt; "i^w; ^ip xo'.v(ov/,9ii Tf,; 6co*j tw xsXû SxYXTiaafjiw roXXi.v ï/ovri ai:ov€t|V xal rtp'.iovT: r>,v svztOA^.vxal -nap* ixivro'j tûv szi9/,jifa»v vRO^pxsi; x«l cnvToX'ic «Ojxt^ojiivu.

;2) Ep. 239 en 376.

(3) C'est sans doute à cette occasion que Basile remit à Sanctissime

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des gens en vue des souscriptions et des lettres. • « Que faut-il écrire aux Occidentaux ou comment s'associer à ceux qui leur écrivent? Je suis dans rembarras. Si tu trouves promptement des gens qui viennent vers nous, daigne-nous le faire connaître. J'ai envie de répéter le mot de Diomède : « Il ne fallait pas le prier, c*est un homme superbe. » En fait quand on les cultive, les caractères orgueilleux deviennent encore plus arrogants. Si le Seigneur prend pitié de nous, de quel autre appui aurons-nous besoin? Si sa colère persiste, quel secours attendre du sourcil occidental ? Ils ne savent pas la vérité et ne supportent pas qu'on la leur apprenne ; prévenus par de faux soupçons, ils font maintenant ce qui est arrivé pour Marcel ; rixant avec ceux qui leur annoncent la vérité et fortifiant d'eux-mêmes l'hérésie. Pour moi, je voulais, en dehors de la forme commune, écrire à leur coryphée; ne rien dire des affaires ecclésiastiques, mais faire entendre qu'ils ne savent rien de la réalité de ce qui se passe ici et qu'ils ne prennent pas le chemin pour l'apprendre et en général qu'il ne faut pas attaquer ceux qui sont humiliés par l'épreuve ni faire de sa dignité une occasion d'orgueil, péché qui à lui seul suffit pour se rendre détestable à Dieu. •

des lettres pour Abrsbam de Batns Ep. 132 et les moines que Is persécQtioo de Valens araît obligés de fair de lears demeures incendiées Ep. 256 . On les avait enrôlés de force sons les drapeani ; la canaille s'était fait nne joie de les maltraiter. Jean Cbrjsostome retiré dans les montages TCMsines d'Antiocbe élera coa rageusement la Toix pour les défendre dans ses dialogues : Adoersns oppagnatores oitae monasticae. 11 nons montre lears bourreaux se vantant de leurs exploits sur la place publique I. 1", début. Ceci se passait après Pâques 37r». Je sépare les lettres 132 et 25i> des autres envoyées à Antiocbe et aux environs, parce que le ton en est différent : celles-là se rapportent & un rojage ultérieur de 5^nctissime 377 .

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^ On aurait tort d'exagérer Timportance de ces paroles. Pour Basile ce n*était qu'une boutade, oubliée dès que de meilleures nouvelles vinrent d'Occident. Cependant les sentiments exprimés dans plusieurs des lettres précédentes et que l'on retrouve très discrètement insinués dans la synodique emportée par Sanctissime éclairent d'avance les rapports entre Orientaux et Occidentaux lorsque la paix fut rétablie. Les maladresses successives de ces derniers, leur froideur au temps de la persécution, leur empressement au contraire à intervenir, dès que Théodose fut créé empereur, expliquent en partie la prolongation de certains conflits et les difficultés qui surgirent. Les Occidentaux semblent bien ne s'être pas rendu suffisamment compte de la complexité des affaires de l'Orient et de l'intensité de la persécution. Nous pouvons croire Damase lorsqu'il affirme qu'il a fait ce qu'il a pu. Valçntinien sur lequel comptaient les Orientaux ne semble guère s'être soucié d'intervenir ; lui mort, toute intervention politique de l'Occident était impossible. D'autre part, il n'est que trop vrai, Damase n'était pas assez bien informé des intérêts religieux de l'Orient: ses conseillers naturels l'avaient plus d'une fois induit en erreur; le grand Athanase lui-même, trompé par Timothée, avait recommandé cet apollinariste au Pape; Pierre d'Alexandrie n'avait que des préjugés contre les orthodoxes du parti mélécien; Evagrios d'Antioche en adhérant définitivement k Paulin (1), lui assurait à Rome toute son influence. Les mêléciens, orthodoxes comme ils l'étaient, malgré leurs protestations réitérées, malgré l'ascendant que leur

1 Probablement après la lettre de Damase.

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donnait Fadhésion de S. Basile, restaient suspects par suite de leurs origines ou de leurs fréquentations. Tout cela s'ajoutant aux causes dont j ai déjà parlé, montre combien naturel était le malentendu et Tavantage qu*il y aurait eu à échanger des visites plus solennelles. Des deux côtés on s'en doutait, mais des deux côtés aussi, par impossibilité ou par tout autre cause, on ne fit rien.

Sanctissime avait consacré une grande partie de Tannée 376 à parcourir l'Orient. Vers la fin de Tété il se mit en route aA*ec le prêtre Dorothée, chargé pour l'Occident de lettres particulières et d'une synodique de Mélèce. Le dessein en est analogue à la missive de Basile envoyée Tannée précédente, mais lé ton plus poignant et plus affectueux devait émouvoir les Occidentaux.

« Nous nous tournons encore vers vous maintenant, frères très honorés, dont nous avons souvent attendu l'apparition au moment de nos tribulations. Nos maux sont si grands qu'ils ont atteint les limites de notre terre et si, quand un membre souffre, tous les autres membres compatissent, il convenait certes que, lorsque nous souffrions déjà depuis longtemps, votre commisération s'étendit sur nous. L'union selon Tesprit, non la proximité des lieux, produit l'amitié que nous avons confiance d'avoir avec vous.

« Pourquoi donc, alors, aucune lettre de consolation, aucune visite de frères, rien de cequi est dû selon le précepte de la charité? Voici la treizième année (2)

1; Ep. 212. a. 37(». Le départ a li«a rers le milieu de l'année. •'2 3544176. • Aucane risite de frères • doit s'entendre d'ane visite solennelle et ex pro/esso ; aucane lettre de consolation, parce qaon leur arait sealement envojé des lettres dogmatiques qoi ne leur étaient

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BPFRTS DB LA PRRSECUTION

que s'est élevée la guerre hérétique où. les afflictions des églises ont été plus considérables que celles dont on garde le souvenir depuis la prédication de TEvangile du Christ (1). Dispensez-nous de vous en faire le détail, car la faiblesse de notre récit affaiblirait peut-être Tévidence de nos maux. D'ailleurs nous ne pensons point que vous à3'ez besoin d'être instruits car la renommée vous a depuis longtemps appris la vérité des faits. Voici le principal : les peuples, abandonnant les maisons de prière, se réunissent dans les solitudes, spectacle pito3'able, des femmes, des enfants, des vieillards et les autres infirmes, sous les pluies les plus fortes, les neiges, les vents, dans les glaces de l'hiver ou en été sous les flammes du soleil, vivent lamentablement en plein air (2). Et ces souffrances viennent de ce qu'ils n'acceptent point de participer au levain pervers d*Arius.

« Comment un récit vous mettrait-il cela clairement sous les yeux si: à les constater par vousmêmes ne s'émouvait votre sympathie ? Aussi nou9 vous exhortons maintenant au moins à tendre la

pas directement adressées, et, en tout cas, ne concernaient point la persécution. Ces expressions ont fait reporter par plusieurs la lettre à 373 mais il est difficile de compter la guerre hérétique depuis 3Û0, en y englobant le règne de Julien et celui de Jovien.

' i; M. Loofs attache vraiment trop dMmportance à cette expression et en profite pour malmener Basile À propos de sa sincérité. Il y a là une exagération qui s'explique aisément : les maux présents sont toujours les plus vivement sentis et le fait d'être persécuté par un prince chrétien rend les souffrances plus douloureuses. La lettre d'ailleurs est probablement de Mélèce comme la synodique 1)2. Cest du moins ce que Toji peut déduire des lettres antérieures de Basile où il déclare qu'il n'a rien à écrire et écrirait en tout cas sur un autre sujet. (Ixïttre 2)9 à Eusèbe.)

2 M. Allard fait remarquer avec raison que Mélèce pense à Antioche (il place la lettre en 373;. I^ situation était d'ailleurs analogue en d'autres villes, par exemple à Edesse, cf. Rufin 11, 5.

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main aux Eglises qui en Orient sont déj& affaissées et à nous envoyer des gens qui se souviennent des récompenses promises au support des souffrances pour le Christ. Le discours que Ton est accoutumé à entendre n*a pas autant d*effet . qu*une voix étrangère pour produire la consolation surtout quand elle vient d'hommes universellement connus pour leurs belles actions, tels que par la grâce de Dieu, la renommée vous fait connaître partout, vous qui. êtes restés invulnérables pour la foi et avez gardé inviolable le dépôt apostolique. Nos affaires ne sont point ainsi ; nous avons chez nous des gens que le désir de la gloire et la vanité qui, plus que le reste, ruine les âmes chrétiennes, ont portés à Taudace de certaines nouveautés de parole : les églises pourries comme des vases fêlés en ont reçu la corruption hérétique. Mais vous, ô chers et désirés, devenez les médecins de nos blessures, les pédotribes de ceux qui se portent bien« guérissant ce qui est malade et fortifiant ceux dont la religion est saine. »

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NOTB F.

Chronologie des lettres de 8. Basile.

A) da^riÈ Ernst. (ZKG. 1896, p. 663^.)

366 ep. 66,69.

367 cp. 67, 82, 80, 47.

368 ep. 90, 91, 50, 74-78 début de Tannée, 89 un peu avant

Pâques, 95: 13 mai, 98 juin, 252 août, 26 octobre.

369 ep. 34, 145, 119, 125 juin, 127 juillet, 99 août, 102 après août,

100 août, 138 août ou septembre, 156, 68, 243, 151, 141, 128, 161, 130, 32, 137.

370 ep. 200, 189 (?), 48.

371 ep. 162, 27, 157 (f).

372 ep. 31, 92, 191, 190, 210, 213, 214-218.

373 ep. 131, 121-122, 237, 248, 239. 238-240, 231, 120, 129, 232,

374 ep. 205, 266, 202, 181, 197.

375 ep. 8, 258.

376 ep. 268, 223, 226, 251.

B d'après Loofs (Eustathius v. Seb. 1898, p. 52-53.)

368 Arrière-saison 27.

369 Printemps 31 ; automne 34.

370 Plein été 47.

371 Début 48; printemps 66, 28 et 29, juin X; automne fô,

68, 69 -h 67, 70, un peu plus tard 82.

372 Avant PÂques 90, 91, 92, 89, 242?; mai 95; mi-juin, de

Scbastc 98; juillet ou août, de Satala 99 ; d'Arménie 100, automne 105.

373 Début ou fin 372) 119; mi-juin 126, 127; 128, 125, 133,

102 et 103, été 138, automne 139; arrière-saison 156.

374 Début 161 ; après Pâques 162, 163, fin été 166. 167, 168.

375 Printemps 198, 200, 201, 120-122, 132. 253^; début de

rété 202, été 129, 130, fin été 203, 204, 207, 210 et 212; automne 214-218; arrière-saison 223, 224, décembre, synode d*Ancyre, Theodote de Nicopolis décédé ep. 225, 226, 227-30, 231.

376 Janvier 232 avec 233-36, printemps, synode de Nys.se,

les Galates à Sébaste, 237, 238, 2:^9 ; début de Tété 243,

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