‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 56 sur 96 · PLAINTES CONTRE PAULIN · texte numérisé non relu

PLAINTES CONTRE PAULIN

aussi connaissiez les troubles qui se produisent chez nous et les rendiez manifestes à nos églises. Notre parole est suspecte à plusieurs sous prétexte que certaines iniiTiitics privées rapetissent notre âme à leur égard. Mais plus vous vous trouvez éloignés par l'habitation, plus vous méritez d'être crus des peuples, outre la grâce de Dieu qui vous aide à secourir ceux qui sont affligés. Si vous êtes plusieurs unanimes à décider la même chose, il est évident que la multitude des juges rendra inéluctable pour tous l'acceptation de la décision. >

Il faut d'abord condamner Eustathe de Sébaste et Apollinaire.

« Paulin, lui, — si son élection a aussi quelque chose de répréhensible vous le direz vous-même, — Paulin nous chagrine par sa propension aux dogmes de Marcel et parce qu'il reçoit indistinctement à sa communion ceux qui le suivent. Vous savez, frères très honorés, que tout notre espoir est anéanti par l'opinion de Marcel. Il ne reconnaît pas le Fils dans sa propre hypostase, mais seulement proféré et de nouveau revenant d'où il est parti. Il n'accorde pas que le Paraclet ait sa subsistance particulière. On ne se tromperait pas en montrant que cette hérésie est complètement étrangère au Christianisme et en l'appelant un judaïsme corrompu. Nous vous demandons de veiller à cela.

« Cela se fera si vous daignez écrire à toutes les Eglises du Levant que ceux qui falsifient ces points, s'ils se redressent, participent à votre communion,mais, s'ils veulent persister avec contention dans leurs nouveautés, l'on doit se séparer d'eux.

w II faudrait, siégeant avec votre prudence, traiter dans un examen commun toutes ces questions,

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nous ne l'ignorons pas. Mais paisqoe le temps ne le permet pas et qae différer est nuisible, le dommage ne ferait que s'enraciner, nous sommes absolument obligés de vous envoyer les frères pour que vous appreniez d*eux ce qui a échappé à nos lettres et qu'ils émeuvent votre piété à offrir aux Eglises de Dieu (1] le secours quelles demandent. »

Il nous iaut revenir quelque peu en arrière pour bien comprendre la portée de cette lettre et Finsistance des Orientaux. Sans pouvoir les suivre dans tout leur détail, nous sommes assez bien rensei^és sur les polémiques dont plus que jamais Antioche était le foyer. Apollinaire s'était décidé depuis quelque temps à organiser son Eglise et avait établi dans plusieurs villes des évëques de son choix 2. Ariens et catholiques se moquèrent à Tenvi de cette hérésie pour rire où Ton créait des évéques sans

(1) Une leUre écrite pea après montre la cordialité des rapports établis maintenant avec FOccident ; Basile reproche doucement am confesseurs égyptiens leur facilité à admettre les aectatenrs de>iarcel dans leur commonîon (Ep. 2G5) : • Plosicnrs n'ont pas été médiocrement affligés, leur dit-il, quand ils ont appris que les marceCiens vous fréquentaient, que tous les avez reçus et leur mrez donné participation à la communion ecclésiastique. Pourtant tous dericz saTotr que, par la grâce de Dieu, tous n*étes pas seuls en Orient, mais que vous aTez beaucoup de gens de Totre parti qui prêchent forthodoxie des Pères par qui fut établie à Nicée la pieuse croyance de la fot et que tous ceux de TOcddent sont d*accord arec nous et arec toos^ Nous gardons chez nous le tome de la foi que nous arons reçu d'eux, selon leur sain enseignement... Veuillez donc maintenant nous euTOjer les conditions auxquelles tous avez reçu les diaciplcs de >1arcel, sachant que, même si vous agissez sûrement en ce qui vous concerne, TOUS ne devez pas à vous seuls tous charger d'une affaire si importante, mais qu'il faut que ceux d'Occident et ceux du Levant en communion avec eux consentent à leur établissement. •

.2 La date est incertaine; l'élévation de Vital à Tépiscopat est en tout cas postérieure è son vojage k Rome : on peut donc la placer an plus tùt en 37&.

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troupeau ; elle ne laissait pourtant pas de prendre racine (1).

Dans la capitale de la Syrie où Apollinaire enseignait avec éclat, l'évoque Vital, le transfuge du parti mélécien» avait groupé autour de lui une com* munauté assez florissante. Saint Epiphane qui suivait avec inquiétude le mouvement se rendit à Antioche probablement vers la fin de Tannée 376 (2), pour s'informer sur les lieux du sens exact de la doctrine apollinariste. Ce qu'on lui en avait rapporté lui paraissait incroyable. Vital l'édifia par sa piété et faillit un moment lui en imposer comme il le fit d'abord à Damase et à saint Grégoire de Nazianze, mais des interrogations de plus en plus précises l'obligèrent à abandonner les termes ambigus qui lui permettaient de se déclarer orthodoxe et à dévoiler son erreur. L'évêque de Salamine ne put l'amener à les rétracter et dut renoncer de ce côté à sa tentative de pacification (3). Vital lui avait défavorablement parlé de Paulin qu'il accusait de sabellianisme, sans doute à cause de sa position en ce qui concernait l'emploi Hu mot hypostase. Epiphane eut de ce côté toute satisfaction. Paulin lui montra son nom au bas d'une profession de foi écrite de la main même d'Athanase, et

! obtint sans condition la communion de l'évêque de

Salamine (4).

? Celui-ci fit-il quelque tentative auprès des mêlé-

ciens ? Son récit ne l'amenait pas à en parler, mais

^1; Cf. le Chrontcon Paschale, o. 362, utilisant une source arienne I presque contemporaine.

2 Certains placent Tentrevue plus tôt, vg. Lietzmann en 374. Vital était déjà évèquc.

i '3. Ep. haer. 77. n. 20-24.

' lV> Id. n. 20-21.

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