‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 61 sur 96 · VII. RETOUR ET MORT DE MKLÈCE · texte numérisé non relu

VII. RETOUR ET MORT DE MKLÈCE

L'évêque de Constantinople nommé, le concile se mit à son œuvre de réorganisation disciplinaire et de précision dogmatique. La foi de Nicée fut confirmée ; les hérésies nouvelles contre l'Esprit-Saint et rincarnation du Verbe condamnées. Une tentative d'union avec les macédoniens n'aboutit pas. Théodose promulgua dans son décret du 30 juillet 381 les principales dispositions adoptées par le concile.

Mais, avant que cette œuvre fût achevée» un grand deuil avait attristé TOrient. Le saint président du concile, l'homme sage et pacifique de qui l'on attendait tant pour le rétablissement de la concorde et le relèvement de l'Eglise, dont l'autorité, douce et conciliante dans sa fermeté, pouvait seule maintenir la cohésion dans ces groupes ecclésiastiques où les sentiments religieux ne dominaient pas assez les passions humaines, Mélèce, presque au début des discussions, avait été emporté par une brève maladie. Sur le point de mourir, ne pouvant se défendre de douloureux pressentiments, il avait encore vive* ment recommandé l'union et la paix(l).

La désolation, à Constantinople même, où Mélèce, depuis son arrivée, avait plusieurs fois prêché, fut universelle. De touchantes démonstrations la manifestèrent. Théodose voulut assister aux funérailles. Il était au premier rang de la foule accouda) Carm. Vit. 157:) sq.

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1582 «sA^ T'. 0T(9S'^^'.92as tôt; c^vuix^vt. D'après ce passage et Texordo de IVIogc funèbre de S. Grégoire de N>sse cf. Théodore! V, 8 , on peut placer la date de la mort de Mélèce avant la fin du mois de mai 381.

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FUNERAILLES DE MCLKCB

rue à réglîse des Apôtres pour payer un dernier tribut d'hommage au saint et entendre son éloge. Les meilleurs orateurs de rassemblée conciliaire, dit Théodoret, prirent tour a tour la parole. De tous CCS discours, ceux d'Ephraîm et de Manassé, — probablement Flavien et Elpidios, les prôtres qui avaient accompagné Mélèce au concile (1), — ne furent pas les moins goûtés. Nous n*avons plus que l'éloge prononcé par l'orateur qui leur succéda. Cétaitl'un des plus diserts du concile, Grégoire de Nysse. Ses paroles sont un éloquent écho de la douleur commune. L'enflure de la rhétorique laisse éclater la sincérité du sentiment et la profondeur des regrets dans ces tragiques lamentations qui ont un prix inestimable, moins pour les allusions rapides aux travaux et aux souffrances du grand mort que pour l'état d'Ame qu'elles nous révèlent. Les émotions de Grégoire sont celles de la majorité de ses collègues. La mort de Mélèce anéantissant leurs espérances, a ravivé le ressentiment contre celui qui après avoir été, pendant la vie du patriarche, son rival hargneux, « l'adultère », menaçait maintenant de devenir son héritier. Encore ma,l définies, ces impressions se trahissent dans les périodes fleuries et le langage symbolique de l'orateur ; elles éclairent d'une vive lumière les débats qui s'ouvrirent au concile sur la succession d'Antioche.

« Si Mélèce est heureux, dit Grégoire, nous, les

(1 Ces détails sont tirés de Toraison funèbre de S. Grégoire. Puisque Epbraim et Manassé sont les pctits-fils de Jacob, il est notarcl de les chercher non parmi les évèqucs ordonnés par Mélèce, ils étaient nombreux au concile, mais parmi les prêtres. Im conjecture insérée dans 1c texte reste une conjecture. Il y a un passage da discours osAcz obscur où Mélèce est appelé père de notre père.

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orphelins» n'avons qu'à verser des larmes sur noire malheur- L'heure est venue de délibérer et le con^ seiller se tait ; la guerre faite par les hérétiques s'organise et le général n'est plus là pour la repous* scr. Quel contraste avec les fêtes nuptiales qu'en ce même lieu on célébrait naguère ! L'éloge funèbre a remplacé l'épithalairie : « Nous sommes venus à vous pleins de biens, nous vous quittons nus et pauvres ; nous portions dressé au-dessus de nos tûtes un flambeau qui brillait d'une riche lumière, nous le rapportons éteint ; son éclat s'est dissipé dans la fumée et dans la cendre; nous avions ce grand trésor dans un vase d'argile ; le trésor est invisible, le vase d'ûrgile revient vide de sa richesse à ceux qui l'avaient donné. Que dirons-nous en l'envoyant ? Que répondre aux interrogations ? O triste naufrage ! Comment au milieu du port de l'espérance avons-nous échoué ? Comment la galère pleine de mille biens, s'enfonçant avec sa charge, nous a-t-elle laissés dépouillés, nous riches auparavant ? Où est cette voile éclatante dirigée en tout par le Saint-Esprit ? ou le gouvernail sûr de nos âmes, par qui nous fendions sans dommage les lames de l'hérésie ? où l'ancre de la pensée inébranlable sur qui en toute sécurité nous nous reposions après le travail ? où le bon pilote qui dirigeait sa barque vers le céleste but ? N'est-ce rien ce qui est arrive et me lamenté-je inutilement? ou ne resté-je point inférieur à la douleur, même en enflant mon discours? Prêtez-nous, frères, prctez-nous les pleurs de la sj'mpcvthîe. Lorsque vous vous réjouissiez, nous prenions part à votre joie. Rendez-nous donc ce triste échange, h Mais plus encore que les évùques, fils du pa-

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