IX. FLAVIBN ET EVAGRIOS
nous VOUS exhortons, nous vous conjurons de fuir ce mal : celui que vous avez résolu d'anathématiser ou bien vit encore ou est déjà mort ; s'il vit c'est être impie que de séparer un homme sujet au changement, qui peut passer du mal au bien; s*il est mort, à plus forte raison. Pourquoi ? Parce que c'est « pour son Seigneur qu'il est debout ou qu'il tombe, » il ne se trouve plus en puissance humaine. Il est périlleux déjuger ce qui est réservé au juge des siècles. Seul, il sait la mesure de la connaissance et les qualités de la foi... Fuyez ce mal, je vous y invite. Voici que je parle devant Dieu et ses anges : ce sera pour vous la cause d'un grand tourment et du feu irrémédiable au jour du jugement. Dans la parabole, malgré leur vie remarquable par la splendeur de la foi et l'éclat des œuvres, le Maître universel a fermé aux vierges la chambre nuptiale à cause de leur dureté ; comment nous qui vivons en toute licence et n'avons aucune pitié pour nos concitoyens serons-nous j ugés dignes du salut ? Aussi, je vous en prie, n'écoutez point ce discours avec négligence. Les dogmes hérétiques contraires aux traditions méritent l'anathème ; réfutez les assertions impies mais épargnez complètement les personnes et priez pour leur salut. » Le bon pasteur en finissant souhaite à ses auditeurs de trouver dans cette charité et l'observance du précepte divin, la confiance d'aller au-devant de l'Epoux en lui présentant un grand nombre d'&mes que leur sympathie aura aidées.
L'allusion au disciple de Paulin ou d'Apollinaire vise Evagrios et Vital qui vivaient encore lorsque fut prononcé le discours et il semble qu'on reprochait aussi bien au premier qu'au second une erreur dans
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CONCILE DB CAPOUB
la foi. Etait-ce le malentendu sur les hypostases qui durait toujours ? Il faut y voir en tout cas un grief secondaire, comparé à la nullité de l'ordination. Ce dernier est naturellement le seul retenu par les Occidentaux. Bien que Flavien persistât avec opiniâtreté à ne point leur soumettre sa cause, ils avaient résolu avec raison de rétablir une paix durable entre les Eglises. Le concile de Capoue (1) décida qu'une enquête serait instituée en Orient même sous la direction de Théophile et de Tépîscopat ég3'ptien. On examinerait les deux élections et on retiendrait celle-là seule qui était conforme aux canons de Nicée. Quel que fut le résultat, la communion serait pleinement rétablie avec toutes les Eglises (2). Il semble que S. Âmbroise ait interprété au sens exclusif la décision du concile de Capoue et prié Théophile d'examiner seul la cause de Flavien et d'Evagrios ; une fois encore Flavien refusa de comparaître. Il fallait d'ailleurs se méprendre étrangement sur les rapports entre l'Egypte et l'Orient pour patronner une telle décision. Sans doute les Egyptiens n'avaient pris parti pour aucun des deux compétiteurs, mais les Orien-
(1) Cr. la lettre 54 de S. Ambroise à Théophile. Sur le concile voir Hefele II. S 108 p. 228-40. — La date est difficile à préciser. On odopte les colculs de Tillemont (S. Ambr. t. X note 41) qai la flie à décembre oOl. Rouschen fp. 340} admet 391 fin oa 392 début. Il est antérieur en tout cos à la révolte d*Eugène (mai 392.\
(2) Il n*y a guère moyen d^accorder les renseignements que donne S. Ambroise dans sa lettre à Théophile et ceux que fournit le document publié par M. Drooks. C est le cas de se rappeler le rôle déjà plusieurs fois signalé de Milan, concurremment avec Rome, dans la direction de la chrétienté. Sur les inconvénients de cette étroite alliance de l'Occident avec Alexandrie et ses protégés, voir Duchesne. Autnn. ccclés. ch. V. 180-82. Il ne semble pas que Théophile ait rempli sa mission avec tout le tact désirable, si Von en croit un passage des sermons de Xcstorius, conservés par Marins Mercator (PL. 48 c. 852)
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