‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 83 sur 96 · IX. FLAVIEN ET KVAORIOS · texte numérisé non relu

IX. FLAVIEN ET KVAORIOS

taux ne pouvaient admettre cette ingérence de Théophile dans leurs affaires intérieures. Les lettres de S. Ambroise laisseraient croire qu'il aurait vu avec plaisir se constituer à Alexandrie une puissance ecclésiastique modératrice de TOrient, qu'elle aurait gouverné comme un vaste patriarcat. Par ses relations fidèles avec Rome et l'Occident, elle aurait assuré efficacement l'union si facilement rompue quand les Orientaux étaient laissés à eux-mêmes*. Théophile n'était que trop porté à jouer ce rôle et S. Jean Chrysostome rapprit bientôt, mais, au moment où se tenait le concile de Capoue, Arcadius n'était point encore maître de l'Orient.

Théodose acquiesça encore aux désirs de Flavien. S. Ambroise en fut vivement irrité. « C'est donc en vain qu'ont travaillé tant d'évêques, écrivait-il à Théophile (1), de nouveau nous reviendrons aux jugements du siècle, de nouveau aux rescrits; les vieux évoques seront encore persécutés, et travers seront les mers ; infirmes, ils échangeront la patrie pour un sol étranger ; les autels seront encore abandonnés pour un lointain exil, des foules d'évèques pauvres, à qui leur pauvreté jusque-là n'était point lourde, devront implorer une aide étrangère et gémir de leur indigence ou mendier le pain sur la route ! Pendant ce temps, Flavien seul est au-dessus des lois, h sa guise il s'absente quand tous nous nous réunissons. L'emprunteur et son créancier savent se trouver : ces gens-là ne peuvent se rencontrer. Seul Flavien est indépendant à son gré de la communauté épiscopale, et n'obéit ni aux décrets impériaux, ni au concile. » Ambroise ajoute que la cause

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d*Evagrios n'en est pas toutefois meilleure. Puisque Théophile a trouvé, à ce qu'il pense, un moyen de réussir^ qu'il l'emploie, qu'il aiUe encore trouver Flavien et de concert avec les évéques égyptiens, termine l'affaire conformément aux décrets de Nicée et de Capoue. « Sans doute, écrit-il enfin, comme s'il répondait à une demande de Théophile, il faut en référer à notre saint frère l'évêque de l'Eglise romaine ; je présume que votre sentence ne pourra lui déplaire. Cela la garantira et assurera la paix, à condition que votre décision ne trouble point notre communion. Alors nous aussi, quand nous aurons reçu ces décisions, approuvées sans aucun doute

^ par TEglise romaine, nous jouirons du fruit de ce

j jugement.'»

L'intervention directe de S. Ambroise est ici mani-

/ feste et l'on pourrait conclure de ce dernier passage

qu'il ne s'était pas entendu préalabléiiient avec le pape Sirice. A en juger par un document récemment publié, Sirice n'aurait pas exclu les Orientaux du tribunal conciliaire (1). Du moins fallut-il en venir

(1) Sévère d*Anlîoche écrit au sujet d'un certain Isale dont Télection s'était faite dans les mêmes conditions que celle d'Evagrios : • ... Sirice alors évèque de Rome, après Texamen de la cause à Capoue, jugea utile de confier le soin de faire une enquête plus précise sur le mêoie sujet, aux Orientaux; Théophile évèque de la grande cité alexaadrine fut invité à présider Tasssemblée, mais, occupé à détruire les temples et les statues païennes dans sa ville épiscopalc, il s'abstint de paraître au concile. «.Dans sa lettre adressée aux trois Augustes, Théodose et ses fils, le concile dit lui-même qu'il juge conformément aux lettres envoyées soit à Théophile, soit aux Orientaux, par le synode et par Sirice. On trouvera le document traduit intégralement plus loin. Il semble donc nécessaire d'admettre que la direction partie de Milan n'était pas identique à celle de Rome. Exclure les évéques orientaux, sous prétexte de partialité, c'était leur faire un affront injuste et blessant. Sirice avait été mieux inspiré. — Cf. The Sixth Book ofthe fitlcct Utter» of Secerun Pahiarch of ^nfioc/i. (éd. Brooks. 1903}. II. Translation I p. 22^24.

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286 IX. FLAVIEX ET ÊVAGRIOS

là et» comme Théophile était, pendant les dernières années du règne de Théodose, fort occupé à détruire les temples païens en Egypte, lorsque le synode qui devait juger en dernier ressort la cause de Flavien et d'Evagrios, se réunit à Césarée de Palestine, Théophile laissa à un autre évoque le soin de le présider. Sévère d'Antioche, de qui nous tenons ces détails, a conservé un fragment de la lettre envoyée à Théodose pour lui communiquer les décisions du concile. L'impression qu'elle donne des rapports avec Rome est assez difTcrente de ce que suggère la lettre d*Ambroise à Théophile.

« Nous avons lu la lettre de nos vénérables frères à notre vénérable frère l'évêque Théphile et celle que nous ont adressée à nous-mêmes. Orientaux, les évoques réunis à Capoue, celle aussi du religieux Sirice Tévêque de Rome. Avant tout, déclaraientelles, nous devions veiller à ne point déroger au canon de Nicée qui affirme clairement que Ton ne peut permettre l'ordination d'un évèque par un seul autre. La lettre du religieux évêque Sirice contenait en outre une direction pour le jugement à porter, où il était dit qu'il ne devait 3' avoir qu'un seul évêque à Antioche, celui qui était légitimement et canoniquement élu, en conformité avec la règle de Nicée définissant clairement que l'ordination faite par un seul est illégitime et ne saurait être acceptée. En conséquence, acceptant avec joie la doctrine exacte de révoque Sîrîcc, au sujet des canons ecclésiastiques, nous nous sommes conformés & sa lettre et avons déclaré qu'il fallait ratifier tout cela ; nous avons décidé légitimement et justement que nous ne connaissons qu'un évêque ;i Antioche, le religieux évoque Flavien. »

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. Il ne parait pas que cette décision ait trouvé bon accueil auprès des Occidentaux. Du moins firent-ils attendre assez longtemps leur ratification. En 308 Flavien n*était pas encore reconnu. Dans Tintervalle cependant Evagrios était mort et Flavien avait pu empêcher qu*on lui donnât un successeur. La cessation du schisme était dès lors assurée, bien qu'elle se soit fait attendre assez longtemps encore. L'Egypte du moins accéda-t-elle à la sentence du concile de Césarée? Bien que les historiens placent à une époque plus tardive, la reconnaissance de Flavien par Théophile, un fait s'expliquerait assez mal si dès 394 la communion n'était point rétablie entre Alexandrie et Antioche (1). Sur l'initiative de Sirice, un grand

(1) Le fait est passé jusqu'ici inoperçu. Cf. les actes conservés par Balsamon (PG. 138. c. 44U sq.) et reproduits cTabord par Baluze dans le supplément à Labbe. Mgr Duchcsne les a depuis complétés. (A nnale9 de philos, chrét, 1885, p. 281 \ La date indiquée au début du procèsverbal est le 21) septembre 394. A'oici le passage intéressant : Nectaire et Théophile viennent de parler au sujet du siège de Bostra (c. 452). <l>Xs€tsv6; t;:{9xo'noc *Avtio/t(a; iÎtiv • "Ascp xxTlOtvto oî «tpl Tiv xftwtatv* î'HtTxo'nov Ncxtipiovxsl t6v sYtiaTaxov xil ôfftfMXSTov cztTxoTOv HcÔ9*.Xov of.Xx* xxl 9Tipyojiiv 7xvTf« oî cxxAT«9i2r;ixo{. Aucun texte ne 8*oppose en réalité à cette manière de voir. Les historiens brouillent temps et personnes : Théodoret attribue Tnccord à Théodose et semble supposer Evagrios encore vivant; il foit pourtant durer la dissension dix-sept ans (depuis 381) et y roè'c Innocent 1*' (élu le 22 décembre 401). V. 23: Théodose à Rome dit : ns*Atv^; tc v^p ixt)<iùtr,9t -RiXxi xxl Eui^^to; O'jx cw^j&uç i:po$<€^T,TX(... Tsûxsic tt;svxi; Txt; 'nxpx'.Wvtviv ot Tf,c Exnipx; i'Rtvxorot xstxXÛ9I'.v vrioyov^o Ti,v ôu7^<vsixv xsl to*j; i:i*is(b;90}&ivou; ci;x90at ';:pi76iuTx;. Flavien envoie une légation sous la condiûte d^Acace de Bérée. Elle apaise le conflit qui avait duré dix-sept ans. Apprenant cela les Egyptiens font, eux aussi, la paix avec Flavien. llyiÎTO cl TT^v'.xzÛTX xf.c jilv 'Pui^a{MV 'ExxXr,9{s; 'IvoxivTto; otxot^ipxvo; Wvxaraffiov... tf,; 6i '.\X<;svôpifaiv H1091X0C. V, 2& : Tf,; jtiv oyv twv 'ExxXv aiûv t4fyjVf,v toStov •ci'/ xpo^ov 6 -kittotxto; îzpvtxviuvc ^aviXcv;. Mais, avant la poix, il apprit la révolte d'Eugène et se rendit en Europe (moi 304).

Socrotc fait intcr\'enir Oamase. V. 15. (|>Xs€ixv6; li ta toû Xùr^u rxvrà ^tOov ixCvit vf ' 3ÙT«â xxl toûtov; (les séparés, seuls depuis la mort d^Kvogrîos, oO -sukv* triCuâffxvxo; yy*>fu^^ oprès Paulin» 'coiytVxsOxi. "Uti^ xxl jaCx^ov Svxt^ov i;{r/u« %xxty;i9vA%\,^ Tt,v ùy^^ 0«fxi»'J«x;

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