LETTRE DB THEOPHILE
laissés dehors, Thérésie arienne aurait pris racine'; c*était la perte des fidèles et d'une grande partie des peuples. L*on agit ainsi pour les clercs de Palestine et de Phénicie et beaucoup d'autres, en se rel&chant à propos de la rigueur des lois concernant l'ordination, en vue du salut des peuples ; la concorde universelle fut par là assurée et inébranlable.
« En conséquence, puisque des maux graves et incurables peuvent, par une grande concession, dans la limite du possible, se guérir en quelque sorte et devenir moins dangereux, il n'est pas diTRcile, mais fort aisé au contraire de régler ainsi cette matière : nous avons choisi en comparaison plutôt les fautes des orthodoxes que les vertus des ariens (1)... Donc prenez courageusement cette mesure. Si l'Apôtre n'a pas tenu compte de la loi, pour ceux qui étaient' sans loi, non qu'il ne fût pas sous la loi de Dieu, puisqu'il était sous la loi du Christ, mais parce qu'il se faisait tout à tous pour en sauver quelques-uns (II Cor., 9, 21-22), la réception de ceux qui tiennent des assemblées à part, conformément à leur rang de cléricature, ne diminuera point votre réputation, elle l'accroîtra plutôt. Il n'y a pas là de votre part manque de constance ; mais un cas urgent qui demande impérieusement qu'on adopte une politique de concession, en vue des avantages à retirer. Ainsi Paul, voyant que c'était utile, fît circoncire Timothée, bien qu'il fit honte aux Galates de la circoncision, quand il leur écrivait : « Si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien (Gai., V. 2). )> Les hommes sages n'estiment pas inconstant
(1) Sur cette phrase obscure s*arrète le premier fragment, le saivont se trouve pp. 307*.308 de la même lettre.
mm
•^^ima