IX. ALEXANDRE ET LES BUSTATHIENS
mais bon politique celui qui remédie aux troubles' en vue d'un grand bien. »
Cette lettre semble une réponse aux objections de Flavien. Admettre dans son clergé les prêtres et autres ecclésiastiques ordonnés par Evagrios et Paulin, n'était-ce pas donner un démenti à toute sa vie et reconnaître en quelque sorte leur légitimité? Nous ne savons si les considérations que lui suggérait Théophile et ses encouragements produisirent leur fruit. Un historien nous assure que Flavien mit tout en œuvre pour ramener les Eustathiens (1). Les plaies étaient encore trop récentes pour se cicatriser vite. Le vieil évoque ne tarda pas à mourir. C'était au moment où il allait pouvoir payer sa dette de reconnaissance à S. Jean Chrysostome, que les intrigues de Théophile et de ses complices faisaient exiler (404).
Porphyre, qui lui succéda (404-412), suscita par son attitude de violentes oppositions. Comme il s'était déclaré ouvertement en faveur d'Arsace, l'intrus que Théophile avait fait installer à Cons* tantinople, à la place de l'exilé si cher aux Antiochiens, de nombreux orthodoxes abandonnèrent l'Eglise officielle et, sous le nom de Joannites, célébraient à part les offices (2), Une persécution violente n'eut pas raison de leur constance ; tant que vécut Porph3^re, ils refusèrent sa communion (3). Alexandre, dès son élévation (413), ne songea qu'à pacifier l'Eglise et travailla activement à ramener tous les dissidents, spécialement ceux qui étaient
{l)Soc. V. 15.
(2) Innoc. cp. i«, 21 ; Pallod. XVI c. XI, XX. c. 71 ; Soi. VIII. 2'i-27.
(3) Pallad. XL c. 37; Soz. VIU. 24. cf. Cud. Theod. XVI. 4. XVI kal. dec. 404.
REUNION SOUS ALBXANDRB
strictement orthodoxes, les Joannites et les Eustathiens. Ces efforts répétés furent couronnés de succ6s. « Ses exhortations persuasives, dit Théodoret, réunirent les Eustathiens au reste du corps de TEglise et Ton improvisa une fôte telle que jamais personne n'en avait vu de pareille. A la tête de tous ses fidèles, clergé et multitude, Alexandre se rendit au lieu de réunion des Eustathiens. Il les prit dans son cortège, on chanta des h3'mnes, on déroula* les chants à Tunisson, depuis la porte tournée vers Tocciclcnt jusqu'à la grande église ; Tagora était remplie d'hommes et un courant humain apparut serpentant tout le long de l'Oronte. Les Juifs, les Ariens et les quelques païens qui restaient à Antioche, voyant ce spectacle, gémissaient et se lamentaient : tous les autres fleuves venaient ainsi se jeter dans l'océan de l'Eglise (1) ! » Pour gagner les Joannites, Alexandre n*eut qu'à inscrire le nom de S. Chrysostome sur les dipt3'ques (2).
Innocent I avait une grande part dans cette réconciliation; il l'avait imposée comme condition préalable de la reconnaissance d'Alexandre. Celui-ci se hâta de lui faire connaître l'heureux événement par une légation dont faisait partie le prêtre Cassien* Les députés trouvèrent vingt évoques d'Italie rassemblés autour du pape (3). Innocent, tout heureux
l}Theod. V.35cf. III. 2.
(2) Theod. VI. b : O'jto; t*,v *Iwiwgv toO 'nalw îrpOTr.Top Cav rpâxo; xxlç
{3' Innoc. I, ep^ 19, 20 ; la lettre svnodale 19 porte cette mention : Subscrîpserunt uigînti episcopî Italiae 'dans Baronius a. 408 n. Z^SÎ t Subscripserunt cpiscopi uigînti quatuor,\ laffé admet avec Bosch, la date ^il5 pour la fin du schisme et les lettres d'Innocent W. Le texte fondamental pour fixer Tépoque de cette réunion est Theod. III 2. Il dit à propos de Tordination de Paulin : To-jto t^,v Siivrsïtv ixtfvr.v
mt —
^nM
^^M>«l^arav«i
tm^