SOURCES : LES CONCILES
Ailleurs, par deux fois, Chrysostome a prononcé en présence même de Diodore, son ancien maître, devenu évéque de Tarse, l'éloge du collaborateur de Flavien dans la direction commune des fidèles, au temps de la persécution {PG. 52, 761-66). On trouvera bien groupés chez Tillemont (1), les louanges qu'en de nombreuses homélies il a décernées à Flavien et les renseignements qu'il y donne sur son activité pastorale.
A ces documents individuels, il faut ajouter les témoignages conciliaires. J'ai signalé déjà la lettre du synode d*Antioche à Jovicn (363) que nous ont conservée Socrate et Sozomène d'après Sabinos et les diverses synodiques insérées dans la correspondance de saint Basile. Il faut y joindre une pièce postérieure à là mort de Basile, le tome du concile d'Antioche (379) ; quelques fragments en sont reproduits parmi les œuvres de saint Damase. Mélèce et plus de cent cinquante évoques y adhèrent sans réserve à une missive dogmatique de ce pape. Le plus important de ces documents conciliaires est la synodique du concile de 382 : la dernière partie est consacrée à justifier l'élection de Flavien et l'ensemble a une valeur capitale pourapprécier l'orthodoxie de Mélèce et de ses partisans orientaux. Je renvoie à plus tard la discussion détaillée de ces documents. Les lettres de Sévère publiées récemment par M. Brooks, font connaître un concile oriental de 393 dont la synodique éclaire vivement cette dernière période du schisme.
(1) Mém. t. X. S. Flavien, évéque d'Antioche ; art. V.
Sources pauliniennes.
Pour diverses causes dont la plus importante est son élévation à l'épiscopat, en dehors des formes canoniques, Paulin compta peu de partisans parmi ses collègues orientaux. On ne connaît guère nominalement que Diodore de Tyr et saint Epiphmie. Celui-ci a raconté (au début de l'hérésie T7« du Panarium) l'entrevue qu'il eut à Antioche avec Paulin et l'apollinariste Vital. Il devint dès ce moment partisan dévoué du premier et écrivit en ce sens à saint Basile. Les deux amis firent ensemble le voyage de Rome où le concile dont ils firent partie (382) condamna Flavien et reconnut Paulin comme seul évéque légitime. Tout en admirant d'ailleurs la vertu de Mélôce, Epîphane (h. 73«) formule contre lui des accusations graves et même, en 377, pendant le troisième exil de l'évêque d'Antioche, quoiqu'il convienne de la parfaite orthodoxie du troupeau, se refuse encore à croire sans réserve à celle du pasteur. Pierre d'Alexandrie exprimait alors à Rome les mêmes sentiments. Cette accusation d'un témoin contemporain mérite considération. Il est permis de penser que Paulin a influé sur la pensée d*Epiphane, bien que celui-ci n'ajoute pas foi à tous les racontars qui lui sont parvenus de ce côté. Malheureusement la discussion de ses arguments est rendue assez difficile par l'incroyable négligence de l'écrivain. Je connais peu d'auteurs aussi pénibles a lire. Le st^'le est diffus ; les répétitions pullulent, la composition fait parfois complètement défaut. Le passage qui concerne Mélèce semble d'ailleurs avoir
— *| ■ ■ ■■ — ■ fcfc— ^r^li^^»^^^»^^»fc ^ ■». » . « ^ «.^...ax . • ..« *■'
SOURCES : s. ATHANASB 23
été remanié, de manière à y insérer l'homélie que cet évéque prononça peu après son élection. Il faut savoir gré à Epiphane de nous avoir conservé ce discours où le récit de Théodoret trouve entière confirmation.
Alexandrie en relation avec la communauté paulinienne, dès le règne de Constance, lui gardait naturellement ses préférences. Cependant Athanase désirait vivement l'union de tous les orthodoxes. Le tomus ad Antiochenos qu'il rédigea au nom du concile d'Alexandrie (.362) témoigne de sa grande modération. On y garantit les méléciens contre l'indiscrétion possible des partisans de Paulin quand on travaillera à la réconciliation. Après l'ordination de Paulin, il ne tint pas à Athanase d'entrer en communion avec Mélèce, s'il faut en croire saint Basile. Loin de critiquer sévèrement le concile d'Antioche comme le fait la Refutatio hypocriseos Meletii et Eusebii publiée sous son nom (probablement œuvre paulinienne : Blondel, les Mauristes), Athanase encouragea le retour des semiariens. Plus tard il ne repoussa point de nouvelles négociations avec Mélèce. La mort probablement prévint le résultat désiré. Athanase est le plus modéré des partisans de Paulin et sa mort fut nuisible à la cause Mélécienne. On trouve dans ses écrits plusieurs allusions à son aîné Eustathe, dont il parle avec vénération. Le récit qu'il a donné de la déposition de cet évèque ne se rattache à aucune source connue et diffère de la tradition antiochienne représentée par Théodoret et saint Jérôme.
Ce dernier dans son premier voyage en Orient se
heurta aux difficultés que le schisme créait jusqu'au
p ^«i* rf • • I
désert. II semble avoir eu dès le début, ses lettres en témoignent, une aversion déterminée pour le parti mélécienj bien qu'il en reconnaisse comme malgré lui Torthodoxie (Ep. 15-16). Son ami Evagrios fut sans doute pour quelque chose dans sa détermination en faveur de Paulin. En tout cas, ordonné prêtre par ce dernier, Jérôme lui resta constamment fidèle. Ses lettres sont pleines de respect pour le « vénérable » et le ce saint évêque ». Il se rend avec lui à Rome, où il n*est pas douteux que Jérôme n*ait fortement contribué à faire triompher la cause de Paulin (382). Il n*a au contraire que des expressions désobligeantes pour Mélèce qu*il traite sans hésitation d'hérétique- Jérôme écrivait cela dans sa Chronique en 380, au moment où Mélèce allait ouvrir le premier concile de Constantinople. L'écrit sur les Lucifcriens, un peu postérieur, mentionne en passant le schisme d'Antioche, mais sans se prononcer.
Saint Ambroise ne mit pas moins de zèle à défendre Paulin; Il n'intervient pas avant 380.- Jusque-là le pape Damase est seul en correspondance officielle avec les Orientaux. De ses relations avec Paulin, il nous reste la lettre au sujet de Vital (375) et les anathématismes qui datent probablement du concile de Rome (382) et par suite n'ont aucune signification particulière. L,ei lettre sur Vital est au contraire un document authentique des préfé^ rences de Rome pour Paulin. Elle ne tranche pour tant pas la controverse aussi nettement qu'on le dit, à en juger par ce que Basile rapporte de ses effets à Antioche. D'ailleurs Damase déjà en relations suivies quoique peu empressées avec Mélèce et les Orientaux, continua de communiquer avec eux et le tout se termina par la pleine concorde de part
■ I I ■ a^f*— fc
SOURCES : s. DAMASB 2&
et d*autre après le concile d^Antioche (379). Les fragments Ea yratia, Illud sane^ Non nobis permettent confrontés avec les lettres de saint Basile de suivre: toutes les phases de la négociation et les fluctuations d*espoir, de mécontentement, puis d*apaisement et de joie qu*elle provoqua dans l'àme des Orientaux. A partir de 380, grâce en particulier à l'intervention d'Ambroise, nous suivons difficilement Tattitude de Damase. Ses lettres & Acholios en 380 le montrent au courant de la prochaine convocation d*un concile à Constantinople et vivement irrité contre Maxime le C^'nique. Le seul acte postérieur que nous con-^ naissions de lui c'est la part qu'il prend au concile de Rome (382) où Flavien est condamné.
Amhroisc parait dès 380 toujours au premier plan dans l'action des Occidentaux. Sa correspondance renferme quatre lettres relatives au schisme d'Antioche. La dernière (56«) à Théophile (i), ne crée' aucune difficulté. Elle est postérieure au concile de Capoùe dont elle fait connaître lès décisions à Théo-^ phile d'Alexandrie (393). Les trois premières au contraire sont fort embarrassantes (Ep. 12-14). Il est d'abord très regrettable que l'on n*en ait pas encore d^édition critique. Un passage capital de la lettre 12* est donné tout différemment dans l'édition primitive et celle des Bénédictins. Ballerini (Milan 1875-83) n'apporte rien de nouveau pour ces textes et le Corpus de Vienne ne contient pas encore la correspondance. La date et la portée de ces lettres sont dirficiles à déterminer. Il serait trop long de les
(1) La correspondance récemment éditée de Sévère contient deux extraits d*une lettre de Théophile à Flavien du temps du pape Athanase (400 ou 401). Ils complètent nos renseignements sur Taflaire des clercs pauliniens.
^■i^^kaMib
• ^ . -m Ml»! iWit j^m^ÊmÊ^ I ■ m «1 g I j^<^»<fc»<— .ja— m oa»^— — a»«^«^«>
étudier ici ; on trouvera la discussion telle qu'elle m*a paru possible aux passages afférents. Mérenda propose une solution trop simple qui consiste à nier l'authenticité de la. 2' lettre. On pourrait avec autant de raison repousser la première et la troisième. Ambroise en- toqt cas y apparaît bien mal informé des choses de l'Orient et, ce qui étonne davantage, en étrange désaccord avec Damase au sujet de Maxime qu'il patronne chaudement. Damase l'instruisit-il, au concile de Rome? Nous ne trouvons plus trace du Cynique dans les lettres postérieures. Ces documents sont au même titre que Taffaire de Vital et de Timothée intéressants pour apprécier avec équité les plaintes de Basile et des Orientaux. Ils n'ont pas tout à faif tort quand ils se lamentent sur le peu de connaissance qu'ont les Occidentaux de leurs affaires, et les erreurs dont ils sont victimes. Peut être les méléciens auraient-ils eu moins de difficulté à gagner leur cause s'ils avaient voulu ou pu envoyer à Rome et en Occident les hommes graves et représentatifs que ceux-ci ne cessaient de réclamer avant d'intervenir efficacement.
Rufin a traité avec assez de négligence la question du schisme dans son Histoire ecclésiastique. Sa relation sur le concile d'Alexandrie au contraire est fort précieuse ; il l'a puisée aux bonnes sources. Certains détails qu'il rapporte sont de première main. D'ailleurs les historiens grecs du v* siècle l'ont en certains cas suivi de près et il est utile de confronter leur texte avec le sien, parfois interprété à contre sens.
Au V* siècle deux documents de valeur fort diffé-
— ■ ■ a^ , ,,i^i.^a*i^i,jfc^fc„,,,„j|,^„^^,^^|^,^,^,^,