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Scléros, lui eût remis entre les mains la copie d'une lettre que le patriarche Pierre adressait au patriarche de Grado #.
Léon IX, en effet, avait voulu prendre les devants. Enchanté des témoignages de concorde que lui avait envoyés le patriarche d'Antioche à son avènement ?, il résolut de le gagner à sa cause. Probablement à son instigation, Dominique, patriarche de Grado, envoya à ce prélat une lettre des plus flatteuses où, après avoir lémoigné de son respect pour l'église d'Antioche ?, il lui racontait l'attaque de Léon d'Achrida contre le Saint-Siège *. Dans un langage plein de réserve et de modération, il s'atlachait à montrer que si l'Église romaine préférait se servir d'azymes, elle ne faisait aucune difficulté de tolérer le pain fermenté des Orientaux *, 11 sollicitait l'intervention de Pierre pour ramener vers la bonne voie ceux qui voulaient ainsi renverser les fondements de l'Église , Il terminait enfin par un argument qui devait toucher le cœur de Pierre d'Antioche. « Si l'oblation du pain azyme, disait-il, n'est pas le corps du Christ, c'est pour nous tous la perte de la vie *. »
Mais déjà le patriarche d'Antioche était informé, par quels soins, on ne le sait, de la polémique qui s'était élevée au sujet des azymes. Sa réponse ne fut donc pas telle que pouvait l’attendre le patriarche de Grado. Il essayait d'y justifier Michel Cerularius et de convaincre son correspondant de la supériorité du pain fermenté sur le pain azyme. « Le saint patriarche de Constantinople, lui dit-il, ne veut pas précisément, comme tu me l’écris, attaquer vos croyances et vous séparer de l'Église catholique, après vous avoir couverts