‹ Le schisme oriental du XIe siècle (volume 2)Chapitre 55 sur 106 · Will, p. {28 b · texte numérisé non relu

Will, p. {28 b

déclaré Ta loi abolie pour toujours , les Latins devraient, pour être logiques, observer aussi ses autres préceptes, tels que la circoncision et la purification *. Dans sa lettre à Dominique de Grado, Pierre d’Antioche emprunte à Nicétas tous ces arguments *, Il ajoute que le pain est quelque chose de parfait, landis que l'azyme est une malière imparfaite. « Le ferment mêlé à la pâte lui donne pour ainsi dire une âme cet une liaison. IL serait, d'ailleurs, étrange qu'un corps imparfait, mort et sans âme, pût absorber dans la chair vivante et vivifiante de Notre Seigneur Jésus-Christ ceux qui croient en lui. »

On sent bien, en lisant toutes ces polémiques, que ces arguments étaient ceux qui devaient faire le plus d'effet sur les Byzantins. L’étiquette, le rite est, par définition, un symbolisme perpétuel, et pour des esprits aussi préoccupés des cérémonies que les contemporains de Michel Cerularius, les arguments symboliques devaient avoir plus de poids que les autres. De plus, c'était pour les Grecs se retrancher comme dans une citadelle inexpugnable; car il est évident qu'on ne pouvait rien répondre à des raisons tirées de cet ordre. La seule manière de les combattre, c'était de leur en opposer d'autres de même espèce; les Latins ne manquèrent pas de le faire.

Il fut d'abord facile à Humbert de montrer quel abus Nicélas faisait des textes de l'Évangile de Jean, qui s'appliquent au baptème du Christ et point du tout à l'Eucharistie. Les trois expressions que le moine grec a réunies, le sang, l'eau et l'esprit, ne font même pas partie d'un seul verset. Au treizième verset du premier chapitre, il est question de ceux qui ne sont nés ni du sang, ni du désir de la chair “, Dans les versets suivants, Jean oppose le baptême

4, Saint Paul I, Corinth. V, 17,

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Grecs ne cessaient de lancer aux Latins, et la retourne aussi contre ses auteurs. « Dans les azymes, dit-il, nous voyons bien autre chose qu'un usage juif, nous embrassons un sacrement *. » Et il montre sans peine que ce n’est pas la loi mosaïque qu'observent les Latins, puisqu'ils se servent

. d'azymes toute l'année, et que, pendant les sept jours pres-

erits par l’ancienne loi, on voit, comme d'habitude, le pain fermenté paraître sur leurs tables *. D'ailleurs, les offrandes de pain fermenté étaient recommandées par Moïse pour le jour de la Pentecôte; il n'y a donc aucune raison qui empêche d'aceuser aussi les Grecs de judaïsme *, Enfin, il est impie de décrier l'ancienne loi qui a été « comme le bâton et la nourrice du Christ et de l'Église “». Les deux symboles étaient donc aussi légitimes l’un que l’autre, et d'autres arguments étaient nécessaires pour les justifier, On chercha donc à s’appuyer sur l'exemple même du Christ et l’autorité des usages.

IL. — S'il avait été possible, en effet, à l'un des deux adversaires de montrer de quel pain le Christ s'était servi, lorsqu'il célébra la Cène avec ses disciples, l'argument aurait été victorieux, Sans doute, ceux qui ont traité la question plus tard ont admis que l'exemple même du Christ ne préjugeait rien et que les deux conceptions pouvaient se justifier. Telles étaient, peu de temps après le schisme, l'opinion du pape Grégoire VII‘, celle de saint Anselme * et celle de Guibert de Nogent *. Pourtant, si la démonstration avait pu être faite, il est évident qu'elle eût été concluante et que l’un des deux adversaires cût dû céder sous cet argument ou tout au moins le détourner. Or, pas plus dans ce domaine que dans

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