Guibert de Nogent (Migne, t. CLVI, p. 681 d
les autres, il ne fut possible de s'entendre, à cause du silence des textes évangéliques sur ce point. Pourtant les uns et les autres ne résislèrent pas au désir de les solliciter à leur cause et d'en déduire les conséquences qui leur élaient nécessaires. ls firent porter le débat sur la date de la Cène, en admettant, sans raison d’ailleurs, que, si elle avait été célébrée le jour dé la Paque légale, le Christ avait dû se servir de pains azymes, et que si, au contraire, elle avait précédé cette date, le pain fermenté seul avait été employé. Mais de ce côté non plus l'accord n'était pas possible. D'après les expressions des évangiles synoptiques, il semble bien que la Cène ait coïncidé avec la Pâque . Il est, en effet, difficile de traduire, comme l'ont voulu quelques Grecs, les expressions « à ao rôv dGbuuy, rÿ robrp Auéoz 76v &Kduwv » par « la veille des azymes ». D'autre part, l'Évangile de Jean indique clairement que le Christ a célébré la Cène avant le jour de la Pâque *, puisque ce fut ce jour-là mème qu'il fut trahi et conduit devant Pilate. Les Juifs, dit l'Évangéliste, refusèrent d'entrer dans le prétoire, « va pu pravlôatv, GX géywnt rù rärya * », de peur de se souiller et afin de pouvoir manger la Pâque.
C'est à l'opinion de cet Évangéliste que se rangent les Grecs, Nicétas Pectoratus, et surtout Pierre d'Antioche. D'après Nicélas, la loi n'imposait l'obligation de se servir d'azymes que le quinzième jour de la lune, alors que le Christ était déjà livré *, Pierre cite les textes mêmes de l'Évangile qui lui sont favorables, et conclut aussi que la Cène a été célébrée avant la Pâque légale ®. La réponse d'Humbert fut ce qu'elle devait être. Appuyé aussi sur l'Évangile, il prouva que le Christ avait célébré la Pque le soir du quator-