‹ Le schisme oriental du XIe siècle (volume 2)Chapitre 72 sur 106 · Id · texte numérisé non relu

Id

Guripas ‘Pouns mpoËôpou, Dtérovsos rdv drostowby «a rarolag br Hoévoy !. » — « Le deuxième siège est le très saint siège apostolique et patriarcal de Constantinople et d'André, le premier appelé des apôtres, du grand théologien et de l'Évangéliste et apôtre Jean. — Acüsepos 6 dyubrazos mal moorowès Mpôvos xal rararsoyube Kovarayrwnuméleus 709 rowroxkirou üy dmorrôlwy ‘Avôpéou, ual 505 ueyähou OechGyou #ai Edayyshurtoû al drostéhou ‘luéyvou…. *, » Les trois autres sièges sont nommés dans l'ordre établi par le concile, chacun avec les particularités qui le rendent vénérable. Il semble done, d'après cette conception, que l'Église soit une République régie par cinq directeurs presque égaux en puissance et différents seulement d'après l'ordre de préséance. Telle est l'idée de la moyenne des Grecs et il n’est pas étonnant de la trouver exprimée dans les écrits des Orientaux les plus modérés du xi° siècle, tels que Psellos et le patriarche d'Antioche. Dans une lettre adressée à Michel Cerularius, Psellos, en désignant les cinq patriarches, les appelle « ses confrères, sos auyotvuyoÿs so 7oÙ fruaros », et il ne regarde pas le pape comme supérieur aux autres, « L'un, dit-il, gouverne l'Orient, l’autre Alexandrie, l'autre la Palestine et l'autre l’ancienne Rore, 6 àè riv mpesévrtouv ‘Péquny Géæye.. * » Dans cette lettre, Psellos oppose sa manière de vivre et ses conceptions à celles de Michel Cerularius, et, voulant peindre la puissance que lui donne son éloquence, il dit que la parole lui soumet même les cinq patriarches dont le siège paraît si élevé au-dessus de lui‘. Le fait seul de s'exprimer ainsi par une allusion toute fortuite est un gage de sa sincérité et nous dévoile ses opinions.

Mais c'est surtout le patriarche Pierre d'Antioche qui peut ère considéré comme le principal représentant de l’ancienne

ligue, Pat, gr. t CVIT, pp. 361-384,

Sathas, t. 11; Lettre CGVIL, p. 509:

198 CHAPITRE IV | but (zuvéoyehat); chacun d'eux pris à part ne possède qu'une

volonté particulière (5è 1310 Boÿknus) ; aucun d'eux ne peut | donc parler au nom de l'Église tout entière. Loin que l'autorité du pape soit indiscutable pour lui, il croit au contraire que la vérité peut jaillir seulement d'une entente mutuelle et, par conséquent, d'une discussion entre les cinq palriarches. Et cette attitude libre qu'il prend vis-à-vis de Rome, il l'observe aussi en face dé Constantinople. Non seulement il n'accepte pas sans contrôle tous les griefs que Michel Cerularius lui présente contre les Latins, mais il les pèse avec les plus grands scrupules. 11 juge les uns importants, les autres futiles; il soumet même à une sévère critique Îles affirmations du patriarche et il lui arrive, quoiqu'il le fasse en fermes modérés, de le convaincre d'erreur, pour ne pas dire de mensonge ‘. Ses actes et sa théorie étaient donc d'accord. Il se posait comme arbitre entre les deux partis. Après avoir envoyé au patriarche de Grado une étude approfondie sur la question des azymes, il s'imaginait, un peu naïvement sans doute, qu'elle suffirait à convaincre le pape et tous les Latins, 11 répondait même à son correspondant des bonnes intentions de Michel Cerularius, car il avait foi dans la concorde entre les « cinq sens » de l'Église et, pour sa part, il travaillait à l’établir par ses eforts.

Par là, Pierre d’Antioche représentait bien un passé disparu à tout jamais. Ses idées n'avaient aucune chance de triompher parce qu'elles n'étaient pas d'accord avec les faits. Elles lui avaient été transmises par l'éducation traditionnelle à laquelle étaient soumis tous les Byzantins; mais justement parce qu'elles étaient un produit du pdssé, elles ne pouvaient s'appliquer ni au présent ni à l'avenir. A l’époque des grands conciles de Constantinople et de Chalcédoine, au 1v* et au y' siècle l'autorité des cinq patriarches était un fait presque indiscutable. À part le patriarche de Jérusalem qui semble n'avoir été admis dans ce cortège qu'en mémoire

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