Gedrenos, 11, pp
sounes; il les produisit en public comme de rares phénomènes et ils se mêlaient à sa suite partout où il allait, et jusque dans le sanctuaire ‘. Les ennemis du patriarche ne manquèrent pas d'exploiter contre lui cette bizarre altitude *; mais, ce qui est bien remarquable, ils n’osèrent le mettre en cause directement, Ils se contentèrent de s'en prendre à ses acolytes. Un tribunal composite fut assemblé dans lequel siégeaient des sénateurs, des fonctionnaires, des higoumènes à la tête de leurs moines et des évêques *. Les livres dans lesquels les deux moines avaient recueilli leurs oraclesfurent produits *. Toute l'assemblée réprouva cette théologie impure, « à émiquros eokoyia », qui, d'après Psellos, avait pour base l'hellénisme et le chaldaïsme, c'est-à-dire un mélange de paganisme et de philosophie néoplatonicienne *. Les moines furent done condamnés à l'exil “et du mème coup un soupçon d'hérésie fut jeté sur l'orthodoxie si jalouse de Michel Cerularius; ses adversaires devaient en profiter plus tard.
Pour le moment, d'ailleurs, ce coup ne fut pour lui qu'une légère blessure, De mème qu'autrefois sous Michel V, il attendit sous Théodora que son heure fût venue. La vieillesse de l'impératrice ne tarda pas à la hâter et l'autorité du patriarche était encore si redoutable que le successeur désigné par elle ne crut pas pouvoir se dispenser d'y faire appel lorsqu'elle fut au moment de mourir. Ce successeur était le patrice Michel Stratioticos, un vieillard, un soldat de mœurs simples qui ne connaissait rien en dehors de l’ar-
1. Ms. grec, 1182. Bib. nat. fol, 133. Kai sozoÿrov abtby à fs datbtiac Eux aise, de ph 2x Brasrrudeur rhv épihlay rébroic dpostoïv, SXA' elyero roÿruy drplé év vais mpoûton, &v raëe alaéoic : Grou 8' dy goirümn Me ÉÉAMoL * à toc ë rate Ougian * dravrxy
fo 134: où On al <f nvexadtz +4 œxfrcpz ‘Pupalus uvéuen, Beoêoz svêuvedove: +5 dAnde héyy remeltaat Rondes.
fol. 134 : xprrhproy Exafioe gobepdr.… fol. 134434 bis.
fol, 134 2 of pv Gcapedévres Grepépior émrvéylmans.
mée !. Les eunuques de l'impératrice lui avaient fait jurer par des serments terribles qu'il ne ferait rien sans les consulter * el ils pensaient ainsi perpétuer leur pouvoir sous son nom ?. À ce prix Théodora l'adopta pour lils et successeur, mais lorsque vint le moment de sa mort, le 31 août 1056, il fallut bien entrer en pourparlers avec le patriarche qui seul avait qualité pour donner à l'empereur l'onction sans laquelle aucun pouvoir n'était légitime,
Psellos a retracé, dans l'Oraison funèbre de Michel Cerularius, la scène saisissante qui se passa ce jour-là au Palais. Théodora n'était pas morte encore; Michel Cerularius se rendit à son chevet et, comme elle était déjà incapable de prononcer une parole, il l'adjura de témoigner par un signe si Michel Stratioticos était bien celui qu'elle avait choisi pour lui succéder. La moribonde fit un léger signe de tête; aussilôt le patriarche revint trouver le nouvel empereur, lui posa, selon les rites, la couronne sur la lête, puis dans une harangue, lui traca ses devoirs et Le quitta « en ne lui laissant d'autres gardes que ses conseils * ».
Au moment même où Michel Cerularius rentrait à son palais de Sainte-Sophie, une nouvelle émeute bouleversait les rues de Constantinople. Un neveu de Constantin Monomaque, le proèdre Théodose, essayail de se faire proclamer empereur, Îl avait rassemblé une troupe d'esclaves et de prisonniers qu'il avait délivrés, puis, à la fin du jour, il marcha sur le palais et essaya de s'en emparer. Mais les eunuques qui élaient au pouvoir rassemblèrent à la hâte une garde de Byzantins et de Varègues *. Théodose fut repoussé et, ne sachant où se réfugier, il s'adressa d'instinct à celui qui
1, Cedrenos, 11, 612 : « Môvoic +0% erparurmots èx ralôuv énasyonévez ua rhéoy AAho elôdra pnôty.
2. An. Synopsis Chron. (Sathas, t. VII), p. 163 (19) : « "Opxw yäp érypépu r0550 ÉEnsgahisavro, dr’ adrôv énelvuv à rdvez dycabas.
2e 10 "lva cyÂua pévoy xai Gvoua adrdc Eyn ris Rasthe.as,
aûrol ôt Gledyustv, ds Galhovtat tà motivé, »
4. Psellos, 1, Orais. fun., p. 358 : « dÉAaxaz adré roùx olxelous Néyous Mirüiv, M
5, Cedrenos, 11, 612-613; — Zonaras, XVILI, 4.
de comploter à leur aise. Ce fut, en effet, dans la Grande Église, dit Cedrenos, que les généraux échangèrent les serments, que l'empire fut offert à Kekaumenos Kalakalon qui le refusa et que, sur son conseil, Isaac Comnène fut choisi pour être le chef suprème de la conspiration ‘. Michel Cerularius fut, d’ailleurs, assez habile pour ne pas compromettre sa dignité trop vite; il ne parut pas dans les assemblées des généraux. Mais sa participation au complot dès cette époque ne fit de doute pour aucun des contemporains. Michel d'Attalie affirme qu'il était mis au courant de tous les desseins de Comnène par Constantin Ducas qui avait épousé sa nièce et faisait partie du complot *. Quels qu'aient été ses desseins et ses actes, il ne jugea pas convenable de paraître et attendit les premières victoires de ses alliés pour se décider.
Le patriarche assista donc en spectateur à tous les événements qui s'écoulèrent entre les mois d'avril et d'août 1057 et aboutirent au renversement de Michel VI. Ce fut, d’abord, la révolte de Bryenne contre le patrice Opsaras; il fut pris, chargé de chaînes et envoyé à l'empereur après avoir eu les yeux crevés *. Ce supplice excita, au début de juin, la révolte de l'armée toulentière; les généraux se réunirent à Castamon en Phrygie, chez Isaac Comnène, et, bientôt après, il fut proclamé empereur *. Il établit aussitôt l'ordre dans la révolte et, par les emprunts faits aux villes, par la discipline qui régnait dans son armée, il eut bientôt l'allure d'un souverain régulier plus que d’un chef de rébellion ‘. Alors seulement Michel VI vit l'étendue de ses fautes et, ne sachant plus comment remédier à la situation, il eut recours à des conseils extraordinaires. Psellos lui-même fut appelé au palais et le premier conseil qu'il donna à l'empereur est bien caractéristique.