‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 100 sur 324 · ld · texte numérisé non relu

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De là vint sans doute la haute autorité que Michel Cerularius acquit immédiatement sur les habitants de Constantinople. Une grande partie de ses contemporains le vénéra comme un saint. Les lettres que lui adressait Psellos nous montrent encore avec quelle déférence les plus hauts personnages de l’Empire le traitaient. L’écrivain n’emploie pas plus d'hyperboles, lorsqu’il s’adresse à Constantin Monomaque. « Sa nature, dit-il, dépasse la nature humaine; il lui suffit de parler pour qu’on tremble et de froncer le sourcil pour qu’on tombe anéanti... Seul il peut, d’une âme tranquille et le sourire aux lèvres, pénétrer dans le Saint des Saints et en soulever tranquillement le voile ; seul il n’a pas besoin de la puissance des rois *. » — « C’était bien là, s’écrie-t-il, l’archevêque qui nous convenait; sa puissance est redoutable. Elle n’est inférieure ni à celle de la pourpre ni à celle du diadème 1 2. » Et, dans son Oraison funèbre, Psellos fait remarquer qu’il était également propre aux deux dignités suprêmes de cette vie, la royauté et le pontificat 3 4 5.

Ce langage et ces idées ne sont pas, d’ailleurs, l’apanage de Psellos. Un poète du temps, Jean d’Euchaïta, parle de même. Dans une de ses pièces, il établit un parallèle entre l’image de l’empereur et celle du patriarche. « L’un, dit-il, est le maître des corps ; l’autre a été choisi pour être le pasteur des âmes. Tous deux ont été destinés au commandement \ » Ailleurs, il rappelle que tous deux sont les « Christs », les oints du Seigneur \ On ne parlera pas autrement de l’autorité du pape à la cour de Grégoire VIL

Ces idées, qui peuvent paraître des flatteries de courtisan, étaient bien celles que Michel Ccrularius se faisait lui-même de son pouvoir. Pour en taire une réalité, il avait a sa disposition une énergie que ni la bonne ni la mauvaise lortune

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