‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 99 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Il faut, en elïet, le reconnaître, et Psellos lui-même en est un sûr garant, Michel Cerularius savait allier à ces occupations profanes une véritable vie d’ascète. Par là il ne différait pas de ses contemporains dont la vie mondaine était souvent interrompue par des crises de dévotion et qui étaient tout préparés à quitter leurs honneurs et leurs richesses pour aller s’ensevelir au fond d’un cloître. Les Psellos, les Constantin Lichudès, les Jean d'Euchaïta sont d’illustres exemples de cette tendance. D’ailleurs, le goût de l’astrologie et des sciences occultes n’était peut-être qu’une des formes du mysticisme qui envahit peu à peu la vie du patriarche.

« Je mène une vie diamétralement opposée à la tienne, » lui écrivait Psellos 1 2 . La théologie et le service divin semblaient être de plus en plus ses principales préoccupations \ Psellos comparait la mobilité de son propre esprit sans cesse en mouvement d'un objet à l’autre, à la fermeté et à la stabilité de Michel qui semblait, lorsqu’il entrait en contact avec des humains, « descendre du ciel sur la terre », et qui paraissait au milieu d’eux comme un étranger 3. 11 n'accordait donc aucune considération aux sciences profanes ; il était pour ainsi dire « suspendu au divin suprasensiblc 4 5 » . Il affectionnait les méditations sur les mystères et il aimait les expressions symboliques, « surtout lorsque son discours était porté comme sur des ailes par l'autorité que lui donnait son pouvoir archiépiscopal 6 ». D’ailleurs, dans ses discours, il semblait réunir deux sentiments opposés, l’austérité et l’indulgence. Il disait qu’il fallait détester les traîtres, mais en avoir pitié 6. Il savait, en un mot, fondre dans une même harmonie les qualités si différentes qui conviennent à un ascète et à un évêque7.

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