‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 108 sur 324 · Id., I, xi · texte numérisé non relu

Id., I, xi

Saint- Pierre qu après avoir été élu régulièrement \ Quoi qu’il en soit, c était bien agir selon l’esprit qui animait les réformateurs de Cluny, car, avant de réformer l’Église, il fallait d abord réformer la papauté ; dans un siècle d’ascétisme les vertus monastiques étaient nécessaires à l'autorité morale d un pape. Léon IX avait la mission de faire oublier les règnes des Benoit VIII et des Benoît IX ; mais, pour entreprendre la tâche qu’il rêvait d’accomplir, il devait faire de la papauté une puissance indépendante et universellement respectée. C’est là tout le secret de sa politique.

A cette politique il apporta toutes les ressources de son caractère ardent, toute la ferveur de son enthousiasme et même l’instinct batailleur qu’il tenait de ses ancêtres et qu’il mit au service de l’Église. Dans son extérieur tout était fait pour séduire les hommes autant que pour les dominer. Sa figure était agréable, et lorsqu’il parlait il savait charmer ses interlocuteurs. Avec sa simplicité d’enfant, il semblait supérieur aux plus sages par son expérience. Mais il faisait éclater surtout l’exubérance de sa nature lorsqu’il distribuait aux pauvres des aumônes à pleines mains ou lorsque, absorbé dans de longues prières, il laissait couler à flots des larmes de joie et de reconnaissance. Il avait l’instruction de la moyenne de ses contemporains et, peu de temps avant sa mort, il avait entrepris une nouvelle étude, il s’était mis à apprendre le grec. Tel fut le pape qui commença à réformer l’Église.

Il mena cette œuvre avec la fougue de son tempérament et, pendant son pontificat, il ne se passa pas d’année sans que, dans quelque partie de la chrétienté, il ne vint tenir un synode devant lequel comparaissaient les prêtres simoniaques et où étaient flétris les vices qui désolaient l’Église. Dans la seule année 1049, eurent lieu les trois assemblées de Rome, Reims et Mayence ; l’année suivante, à Siponto, il déposa deux archevêques simoniaques ; à Verceil, il excommunia l’arche-

1. Vie de Léon IX, par Brunon (voir Delarc, Léon IX, p. 133).

Page 1