‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 109 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

vêque de Ravenne, chapelain de l’empereur, coupable de réclamer une partie du patrimoine de Saint-Pierre. Chaque année, au moment de Pâques, il présidait à Rome les assises de la chrétienté réformatrice, et c’était de là que partaient les excommunications lancées contre les prévaricateurs \

Cette lutte ne se livra pas sans résistance ; il fallut revenir plusieurs fois sur les mêmes décisions et, en certaines occasions, les haines amassées faillirent coûter cher au pape. A Mantoue, en 1053, les évêques lombards empêchèrent le pape d’assembler son synode ; une rixe entre leurs gens et l’escorte pontificale fut près d’amener une sanglante querelle. Mais rien n’arrêtait l’activité de Léon IX et le souci de la réforme ne l’empêchait pas de poursuivre une autre entreprise qui devait en assurer le succès. Pour mener à bien la Réforme de l’Eglise, il fallait un pape très puissant tant au point de vue matériel que spirituel. Léon IX fit tous ses efforts pour procurer à la chaire de Saint-Pierre la puissance qui lui manquait.

Sa politique temporelle ne fut pas heureuse, mais ses échecs eux-mêmes devaient être plus tard féconds pour le Saint-Siège et il était réservé à un autre que Léon IX d’en tirer parti. La possession de l’ancienne principauté lombarde de Bénévent fut le but de toute cette politique; Léon IX résolut de satisfaire les prétentions que ses prédécesseurs avaient déjà élevées sur ce territoire. A son avènement, les Bénéventins se déclarèrent ses alliés 2 et, à plusieurs reprises, Léon IX, par lui-même ou ses envoyés, vint s’assurer de sa nouvelle conquête a. Mais un grave danger la menaçait. Les aventuriers normands, établis dans l’Italie méridionale depuis le commencement du xie siècle, avaient fini par s’y tailler des principautés ; d’abord, mercenaires au service des Grecs ou des Allemands, ils travaillaient maintenant pour leur propre compte et les nombreuses défaites qu’ils avaient intligécs

t. Voir Delarc, Léon IX, chap. ni et iv.

2. Annales de Bénétient, 1680; Watterich, Vilae Pontif, roman., I, p. 112.

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