‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 110 sur 324 · Id · texte numérisé non relu

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tant aux princes lombards qu’aux catapans de Byzance étaient pour eux le gage assuré de la solidité de leurs conquêtes. Or, les Normands d’Aversa étaient une menace perpétuelle pour Bénévent ; malgré la promesse qu’ils avaient faite de respecter cette place, ils n’avaient pas craint de l’attaquer en 1051 1 et elle aurait peut-être été prise sans l’assassinat du prince normand Drogon. De plus, ces barbares, qui ravageaient l’Italie méridionale et ne distinguaient pas entre les biens laïques ou écclésiastiques, étaient des obstacles à la Réforme. Soue leur domination, tous les abus étaient possibles dans l’Eglise. «La religion avait, pour ainsi dire, disparu », affirme Wibert, et le pape put s’en rendre compte au cours des voyages qu’il fit en Apulie à plusieurs reprises '2.

Tels furent les motifs qui rendirent Léon IX l’ennemi acharné des Normands et le porta à leur susciter toute espèce d’adversaires. Alliance avec le catapan byzantin Argyros, qui était allé chercher à Constantinople l’argent nécessaire à entreprendre une nouvelle campagne 3 ; négociations avec l’empereur Henri III qu’il suivit jusqu’en Hongrie, à son camp devant Presbourg 4; abandon de ses droits sur l’évêché de Bamberg et l’abbaye de Fulda en échange de Bénévent 5; fous les moyens lui furent bons. Il vint, en personne, enrôler des troupes en Allemagne et dans le pontife qui marchait à la tête de cette armée, moitié italienne, moitié germanique 6 7, on put reconnaître le jeune chapelain qui émerveillait autrefois l’empereur Conrad II, pendant une expédition en Italie, par son goût pour les choses de la guerre 1 ou l’évêque de Toul, qui, assiégé dans sa ville épiscopale par le

1. Aimé du Mont Cassin, III, 17 ; Annales de Bénévent , 1051.

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