CHAPITRE III
simple lettre et était destinée en réalité « à tous les évêques Francs et au très honorable pape 1 ». C’était un véritable
acte d’accusation contre tous les usages de l’Eglise latine. Deux coutumes romaines étaient surtout visées : l’emploi des pains azymes dans le sacrement de l’Eucharistie et le jeûne du sabbat 2. C’étaient là, disait Léon d’Achrida, deux usages entièrement juifs qui avaient été rejetés dans la Loi Nouvelle et dont le maintien assimilait l’Église latine à une simple communauté mosaïque 3. La lettre se terminait par une invitation à revenir aux véritables usages de l’Eglise. Elle fut envoyée à Jean, évêque de Trani, qui la remit aussitôt au cardinal Humbert. Celui-ci la traduisit en latin et la présenta au pape sous cette forme 4 5 *. Peut-être à cette lettre Léon d’Achrida en joignit-il immédiatement une seconde, que nous possédons aussi et qui n’est guère que le développement de la première. Elle consiste dans un long historique des circonstances dans lesquelles furent établies l’Ancienne Loi, faite pour contraindre les hommes, et la NouvelleLoi, source de leur rédemption ; elle montre que les azymes n’ont plus de raison d’être depuis que la loi de Moïse est abolie et que telle a bien été l’opinion des premiers apôtres et de saint Paul 8.
Au même moment, par les soins de Michel Cerularius, on répandait dans toute l’Église grecque un traité écrit en latin d’un moine du monastère de Stude, Nicétas Stétathos ou Pectoratus, dans lequel les attaques contre les Latins étaient présentées sous une forme plus violente que dans la lettre de l’archevêque de Bulgarie. Ce moine fut l’un des plus précieux auxiliaires de Michel Cerularius et se chargea, pour
1. Migne, Pat. gr., t. CXX, p. 833, ouWill, p. 56 (4-5) : « no6ç irdvTaç toùç dipXtepstç Ttüv <Ppdyyb)v, xat tcoôç tôm alSeaipuixaTOV itâirav. »
2. W il 1 , p. 56 (6-8) : « Ilept ts tüv dÇûjjuov xa't Ttôv aa66xrti)y â [iOffatxCx; dauv- TfipTjTwi; ÊittTeXoüvTsç ouyaotvoivELTs rot; ’louSatot;. »