‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 121 sur 324 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

aux Romains les paroles de saint Paul sur les « chiens » et les « mauvais ouvriers » qui travaillent à la scission ou sur les hypocrites qui paraîtront à la fin du monde et « s’abstiendront des mets que Dieu a créés 1 ». Enfin, il terminait en les exhortant à fuir le schisme dans lequel ils se trouvaient par le fait de leurs erreurs. « Vous vous séparez de nous, leur disait-il, alors que vous ôtes le corps du Christ; mieux vaut, en communiant dans la foi orthodoxe, nous unir, afin de contempler la face de Dieu que lui-même nous a révélée2. »

Puis, pour couper court à toute tentative de conciliation et manifester d’une manière bien nette son désir de séparation, Michel Cerularius ne se contenta pas de paroles ; il en vint aux actes mêmes et prit, probablement sans l’assentiment de l’empereur, une mesure grave qui fut entre Grecs et Latins un sujet de haine éternelle : il fit fermer les églises latines qui existaient à Constantinople 3. Ces églises, nous l’avons vu, appartenaient à des Amalfitains ou à des Hongrois; la garde impériale des Varanges en avait également une 4. Autour de ces églises se groupaient des monastères dont plusieurs étaient en relations avec la colonie amalfitaine du Mont Athos. Michel Cerularius fit mettre en demeure tous leurs prêtres, abbés et moines, de suivre désormais les coutumes grecques; puis, sur leur refus, il les accabla de ses anathèmes en les appelant « azymites 5 ». Des scènes de violence eurent lieu certainement et peut-être l’exécution des décrets du patriarche prit-elle l’allure d’une de ces émeutes populaires qui n’étaient pas rares à Byzance. Le chancelier du patriarche, Nicéphore, se signala même par sa violence et ne craignit pas de fouler aux pieds des hosties consacrées sous

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