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LE CONFLIT ENTRE LES DEUX ÉGLISES
lui, s'il se montrait trop obstiné *. II achevait sa lettre en recommandant ses légats à l’empereur et en le suppliant de les aider à accomplir leur tâche, la pacification de l’Église grecque 1 2.
Ces deux lettres ne produisirent qu’une partie de l’effet que le pape en attendait : elles achevèrent de détacher Constantin IX de la cause du schisme, mais elles exaspérèrent le patriarche qui se crut joué et dès lors refusa toute concession. Plusieurs jours et plusieurs semaines peut-être se passèrent sans qu’on pût arriver à une solution du débat. Ce fut sans doute dans cet intervalle que les légats dressèrent leur plan de bataille. Ils résolurent d’abord de réfuter les attaques des Grecs, puis, avec l’aide de l’empereur, de convaincre par la force ceux que n’auraient pas gagnés leurs arguments. Déjà Léon IX avait réfuté dans sa lettre à Michel Cerulariu» et à Léon d’Achrida la polémique des Grecs contre les azymes et le sabbat. Les légats eux-mêmes se mirent à l’ouvrage et s’en prirent au traité du moine Nicétas Pectoratus. Humbert et Frédéric composèrent contre ce traité des réponses mordantes 3 où, cessant de placer la discussion sur le terrain juridique de la primauté de Rome, ils étudiaient le fond de la question et cherchaient à démontrer aux Grecs leurs erreurs.
De ces traités, il ne nous reste que ceux du cardinal Humbert. Le premier a la forme d’un dialogue entre un Latin et un Grec 4. Le ton en est plutôt modéré; l’habitant de Constantinople expose successivement les griefs qu’il a contre le culte des azymes et le Romain n’a pas de peine à les réfuter. De son côté, il ne demeure pas en reste avec l’Église grecque et cherche à montrer que tous les reproches adressés par elle à l’Église de Rome témoignent d’un manque total de respect pour l’Évangile et la loi du Christ. De là quelques épithètes