‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 136 sur 324 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

et insinuations malveillantes: les Grecs se conduisent comme des Jacobites et des Théopaschites 1 ; ils ne suivent pas les préceptes de saint Paul qui ordonne d’éviter les hérétiques 2 ; ils font penser à des précurseurs de l’Antéchrist 3. Dans le cours de la discussion, ces accusations deviennent encore plus précises. En prétendant que le Christ a célébré la Pâque avec du pain fermenté, les Grecs se montrent plus durs à son égard que les Juifs. Ils calomnient le Sauveur, car si cette violation de la loi avait eu lieu, ses accusateurs n’auraient pas manqué d’en tirer parti 4. Leur audace est plus grande encore quand ils vont jusqu’à comparer les azymes à de la boue 5. Humbert leur répond par le même argument, en prouvant que toute matière fermentée ne peut être qu’une corruption 6. Il insiste aussi sur la négligence avec laquelle les Grecs préparent la matière de l’Eucharistie et lui oppose le respect et les précautions qui sont usitées dans l’Eglise romaine pour la confection des azymes7. Enfin, il montre qu’en attaquant la loi de Moïse, les Grecs commettent un monstrueux sacrilège. Par là ils se montrent dignes des Manichéens 8, car cette loi qu’ils méprisent a été comme le « point d'appui et la nourrice du Christ et de l’Eglise 9 ». Le Christ est venu pour la rendre parfaite et non pour la supprimer. Tous les usages de l’Eglise, la liturgie, le sacerdoce, les fêtes en dérivent; seuls les sacrifices légaux ont été abolis 10. Les attaques des Grecs sont donc déplacées et irrévérencieuses ; en se montrant les adversaires de Rome, ils se posent en ennemis de toute l’Église.

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