Id., XV, p
7. Id., XV, p. 998. Par exemple, Jean, XIV, 26 ; XV, 26 ; XX, 24 ; — Luc, IV, 19.
LES QUERELLES THÉOLOGIQUES
du Fils; car, ce qui vient du Père, appartient aussi au Fils ; car si le Fils tient du Père toutes les propriétés qu’il possède, il en tient surtout celle de faire procéder le Saint- Esprit *. » La réciprocité entre les personnes est telle, que saint Augustin va jusqu’à penser qu’il ne serait pas absurde de dire que le Fils est engendré par les deux autres personnes 1 2, et que, s’il est impossible de dire que le Saint- Esprit est engendré, « genitum », il faut se garder d’affirmer qu’il est non engendré, « ingenitum » 3. Au Père, seul, appartient cette qualité, « non à vrai dire, d’après l'Écriture, mais c’est ainsi que le veut la coutume de ceux qui disputent i * ».
En un mot, saint Augustin ne conçoit l’unité comme possible dans la Trinité que si chacune des trois personnes est dans les mômes rapports vis-à-vis des deux autres. Tandis que les Grecs cherchent à mettre en lumière les caractères distinctifs des hypostases, il veut au contraire les ramener à l’unité et refuse de savoir s’il y a une distinction essentielle entre « procession, èxnôpeumç » et « génération, yévvqa-i.ç 6 ». La conclusion à laquelle aboutit logiquement sa doctrine est la suivante : Pour que les trois personnes soient égales entre elles, il faut que le Père soit la source commune du Fils et de l’Esprit ; que le Fils soit le Yerbe du Père et de l’Esprit, et enfin que l’Esprit soit le Souffle divin qui procédé du Père et du Fils.
Ainsi partis des mêmes principes, les Grecs et les Latins
1. Saint-Augustin, p. 1000 a : « Intelligat sic.ut habet Pater in semetipso ut de illo procédât Spiritus Sanctus, sic dedisse Filio ut de il Io procédât idem Spiritus Sanctus, et utrumque sine tempore; atque ita dictum Spiritum Sanctum de Pâtre procedere ut intelligatur, quod etiam procedit de Filio, de Pâtre esse Filio. Si enim quidquid habet, de Pâtre habet Filius, de Pâtre habet utique ut et de illo procédât Spiritus Sanctus. »
2. Id. XV, p. 1000 c : « Quomodo ergo non absurdissime Filius diceretur amborum... ».
3. Id., p. 1000 d : « Ideo enim quum Spiritum sanctum genitum non dicamus, dicere tamen non audemus ingenitum... »
4. Id : « Pater enim solus non est de alio, ideo solus appellatur ingenitus,
non quidem in Scripturis, sed in consuetudine disputantium. »