‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 167 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ont suivi deux routes différentes, et de là sont venus ces malentendus qui ont dégénéré' en querelles et donné lieu à de multiples traités sur la procession du Saint-Esprit, dans lesquels chacun des deux adversaires veut prouver que la doctrine de l’autre ruine entièrement le dogme de la Trinité. Les traités de Photius contre les Latins et les réponses qui leur furent faites, restèrent jusqu’au concile de Florence le grand arsenal, où les uns et les autres puisaient leurs arguments. Du ixe au xve siècle, aucun argument nouveau ne fut, pour ainsi dire, trouvé; c’est donc à Photius qu’il faut se reporter si l’on veut avoir une idée des discussions familières aux contemporains de Michel Cerularius.

Photius aborda surtout ces questions dans son Encyclique aux évêques d’Orient 1 et dans son Traité sur le Saint-Esprit 2. Un seul et même reproche domine ces deux ouvrages : les Latins changent la monarchie trinitaire en une dyarchie ou en une tétrarchie qui dégénère fatalement en polythéisme :

« xal é; oifktav tt,7 p.ovapyylav Àiietv, xal u.r,os r{ rrov rr^ ’Ea Xt(v.x^î

p.’j9oXo yla;, ty,v t û v XpwTtavwv a-rca pâvTS'.v OsoXoYÎav... 3 » D’après lui, en effet, la double procession du Saint-Esprit rend d'abord incompréhensible la nature propre de chaque personne. Le Père n’est plus parfait, puisqu’il n’est pas le seul principe de l’Esprit ; il faut que le Fils complète son hypostase 4 5. D’autre part, et c’est évidemment la doctrine de Saint-Augustin qui est visée, si le Fils a la même qualité de procession que le Père, il n’y a pas de raison pour ne pas transférer au Père toutes les propriétés du Fils et, en particulier, celle d’être

engendré 3. Enfin, la doctrine de saint Jean Damascène, d’après laquelle tout ce qui n’appartient pas en commun aux trois personnes, n’est possédé en propre que par l’une d’entre elles, est ruinée. Si, d’une part, l’Esprit procède du Père et du

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