‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 169 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le Père est à la fois pour l’Esprit une cause prochaine et une cause éloignée *, et, comme la Trinité n’est pas soumise à la durée, il se trouve que simultanément le Père fait procéder de lui l’Esprit et engendre le Fils qui, à son tour, fait procéder de lui l’Esprit. L’Esprit se trouve donc à la fois procédant du Père et engendré par le moyen du Fils 1 2. A ces arguments,

Photius joint un grand nombre d’autorités tirées de l’Evangile ou des Pères. lise montre, en somme, soucieux de pousser jusqu’à ses dernières conséquences la doctrine de saint Jean Damascène, pour enfermer les Latins comme dans un tissu de contradictions.

Ceux-ci ne pouvaient pas toujours suivre leurs adversaires, du moins à cette époque, dans ce dédale d’arguties et de sophismes. Ils se contentaient de rester attachés à la doctrine de saint Augustin et de répondre aux Grecs en leur opposant l’autorité de l’Évangile. Telle fut la position que prirent, àl'époque de Photius, Ratram, moine de Corbie, dans son traité contre les Grecs (868) 3, et, à la fin du xie siècle, Pierre Damien, dans son traité sur la Procession du Saint- Esprit 4. Ratram essaya, du moins, de répondre au reproche d’obscurité lancé par Photius, et chercha à expliquer les rapports des trois personnes suivant la double procession. « L’Esprit, dit-il, est né du Père afin qu’il procède du Fils, et, de môme qu’en naissant du Père, le Fils a reçu de lui sa substance, il a reçu aussi le pouvoir d’envoyer l’Esprit de vérité, en le faisant procéder de lui 5. » L’harmonie se trouve donc rétablie et elle est encore confirmée par la consubstantialité des trois personnes ; c’est là, d’après l’auteur, la dernière explication de la double procession.

Tel était, vers \ 054, l’état dans lequel était restée la discussion, qui devait être bientôt reprise par les théologiens. Il

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