Ratram, I
LES QUERELLES TIIÉOLOGIQUES
était nécessaire d’en connaître les termes, afin d’apprécier l’influence qu elle eut dès cette époque sur l’éloignement mutuel des Grecs et des Latins. Sans doute, elle ne tint qu’une place accessoire dans les préoccupations de Michel Cerularius. Cependant, plusieurs indices nous l’ont montré, si des esprits éclairés, comme ceux de Psellos et du patriarche d’Antioche, ont embrassé la cause du schisme, il semble qu’ils y aient été poussés par la doctrine des Latins sur le Saint-Esprit. Ce grief devait toucher surtout les théologiens, qui regardaient comme intangibles les propositions des Pères grecs, et voyaient sincèrement dans la double procession la ruine des résultats acquis par les conciles œcuméniques et les champions de l’orthodoxie. Il se peut même que quelques-uns d’entre eux aient jugé que Michel Cerularius n’avait pas insisté suffisamment sur cette grave question. Parmi les reproches que Psellos adresse au patriarche, dans son réquisitoire, figure celui d’être ignorant des principaux dogmes de la religion. « Il s’en faut de beaucoup, dit-il, qu’il sache même faire la distinction entre la substance et les personnes, et qu’il ait jamais distingué la nature de l’hypostase. Jamais il n’a ouvert un livre à ce sujet; jamais il n’a consulté un savant 1. » Il est évident que Psellos fait ici preuve de mauvaise foi, puisqu’on maint endroit de ses lettres ou de son Oraison funèbre , lui-même vante l'activité théologique de Michel Cerularius. Pourtant, il n’a peut-être pas choisi ce grief au hasard , certain d’être approuvé des évêques qui l’entouraient et d'être compris d’eux à demi-mot. Si l’on rapproche ce passage do la lettre du patriarche d’Antioche à Michel Cerularius et des lignes consacrées par Psellos au récit du schisme, dans lequel il n’affecte de voir qu’une lutte sur la question du Saint-Esprit2, on est conduit à se demander si beaucoup de contemporains du schisme n’ont pas
1. Bibl. nat., ms. grec 1182, fol. 147 bis : « OùSèv yoüv tùv xa0’ nSst 6oy- [Axtwv, oüS’ oti fféêot TiirtaTa-co • oùo’taç ys |x7,v xxi itpoaüitiov roVXoü à'pot aùtû 2ûet etôsvai Stacpopàv cpi5ae(i>î, Ttepi xai ûitoo’Taaéwî oùôè xai ànépTCETO.