LES AZYMES
Il n'est pas sans intérêt de constater que la polémique entreprise par Michel Cerularius contre l’Eglise romaine eut pour point de départ une question de liturgie : l’usage des azymes en Occident. Ce fut, sans doute, avec intention que le patriarche de Byzance choisit parmi les armes dont il disposait un grief qui nous semble aujourd’hui sans fondement. 11 savait peut-être que, si les disputes dogmatiques éveillaient la curiosité de tous les hommes instruits de Constantinople, il y avait une question capable de soulever non seulement l’élite, mais la foule elle-même, celle des cérémonies et des rites. Au milieu d’une société où tous les actes de la vie politique, civile et même individuelle étaient subordonnés à la rigueur minutieuse d’une étiquette qui n’épargnait ni les rangs, ni les classes, mettre en question un des rites les plus importants des cérémonies religieuses, c’était tout de suite attirer l’attention du peuple et remuer l’une de ses passions favorites. Car tous, à Byzance, tenaient aux rites civils et religieux et regardaient comme barbares ceux qui voulaient s’y soustraire. La majesté des cérémonies qui rehaussaient les réceptions impériales venait souvent à bout des ambassadeurs barbares mieux que les savantes négociations, et, d’après la tradition, ce fut à la pompe de sa liturgie que l'Eglise byzantine dut un de ses plus grands succès exté-