Chronique de Nestor. Traduction Léger, p
2. Will, pp, 207 (iv)-208 : a Frustra quippe beatissimi Petrus et Paulus in
LES QUERELLES LITURGIQUES
rularius à porter ce premier coup. Il était à peu près évident pour tous, et tel était l’avis des esprits sages, que la question ainsi posée était insoluble. Les deux adversaires devaient trouver, chacun de leur côté, des arguments assez concluants pour les éloigner à jamais l’un de l’autre.
Les espèces eucharistiques doivent-elles être seulement composées de farine et d’eau, à la manière des pains sans levain employés par les Israélites, ou vaut-il mieux se servir du ferment qui fait lever la pâte et lui donne une apparence plus compacte, des qualités plus nutritives? Le problème se réduit à ces termes, et les Grecs essayent de montrer que le pain fermenté est supérieur au pain azyme. Leurs arguments peuvent se réduire à quatre chefs : arguments théologiques, symboliques, historiques, d’autorité.
I. — C’est dans le traité de Nicétas Pectoratus que se trouve développé le principal argument théologique qui s’oppose à l’usage des azymes. Pour que l’Eucharistie, dit-il, fasse de nous quelque chose de suprasubstantiel, il faut qu’elle-même nous soit consubstantielle. En d’autres termes, le pain sacré est l’intermédiaire entre nous et le Christ ; il doit donc être sous sa forme matérielle de même nature que notre propre chair, sans quoi il ne pourrait agir sur elle. Or, notre corps est une substance vivante; les azymes sont, au contraire, une substance morte et inanimée 1 ; ils ne peuvent pénétrer notre chair. Mais, si l’on mêle à la farine un peu de ferment, ce mélange nous remplit d’une vertu vivifiante 2. Sans pain fermenté il ne peut exister de pénétration du Christ en notre substance. Tel est l’argument qu’Humbert relève au début de son traité contre Nicétas; il y répond en accusant Nicétas
Italia prædicarunt, si Occidentalis Ecclesia beatitudine sempiternæ vitæ privatur... Si ergo infermentati panis oblatio corpus Christi non est, omnes nos aliqui sumus a vita. »
1. Nicétas Pectoratus, Contre les Latins. Will, p. 127 b, 11-16 : « Si autem animata est nostræ massæ substantia qua Verbum induit se, ergo non substantialem nobis panem comeditis, quia Azymorum participamini. Azynia enim inanimata sunt, sicut ipsa natura déclarât atque liquidius edocet. »