CHAPITRE II
déclaré la loi abolie pour toujours *, les Latins devraient, pour être logiques, observer aussi ses autres préceptes, tels que la circoncision et la purification 1 2. Dans sa lettre à Dominique de Grado, Pierre d’Antioche emprunte à Nicétas tous ces arguments 3. Il ajoute que le pain est quelque chose de parfait, tandis que l’azyme est une matière imparfaite. « Le ferment mêlé à la pâte lui donne pour ainsi dire une âme et une liaison. Il serait, d’ailleurs, étrange qu’un corps imparfait, mort et sans âme, pût absorber dans la chair vivante et vivifiante de Notre Seigneur Jésus-Christ ceux qui croient en lui 4. »
On sent bien, en lisant toutes ces polémiques, que ces arguments étaient ceux qui devaient faire le plus d’effet sur les Byzantins. L’étiquette, le rite est, par définition, un symbolisme perpétuel, et pour des esprits aussi préoccupés des cérémonies que les contemporains de Michel Cerularius, les arguments symboliques devaient avoir plus de poids que les autres. De plus, c’était pour les Grecs se retrancher comme dans une citadelle inexpugnable; car il est évident qu’on ne pouvait rien répondre à des raisons tirées de cet ordre. La seule manière de les combattre, c’était de leur en opposer d’autres de même espèce; les Latins ne manquèrent pas de le faire.
Il fut d’abord facile à Humbert de montrer quel abus Nicétas faisait des textes de l’Evangile de Jean, qui s’appliquent au baptême du Christ et point du tout à l’Eucharistie. Les trois expressions que le moine grec a réunies, le sang, l’eau et l’esprit, ne font même pas partie d’un seul verset. Au treizième verset du premier chapitre, il est question de ceux qui ne sont nés ni du sang, ni du désir de la chair 5. Dans les versets suivants, Jean oppose le baptême