‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 179 sur 324 · Will, p · texte numérisé non relu

Will, p

LES QUERELLES LITURGIQUES

par l’eau au baptême par l’esprit ’. Il est trop évident que de pareils textes n’ont rien de commun avec la question des azymes. Par contre, il était aisé à Humbert de trouver des arguments symboliques aussi forts que ceux des Grecs. Il montre d’abord combien il est irrévérencieux de comparer les azymes à de la boue, et il affecte, pour son compte, de montrer plus de respect pour l’Eucharistie, même sous les espèces du pain fermenté 1 2. « En mettant à part, comme il est juste, le respect que l’on doit au corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, aussi bien dans le pain fermenté que dans le pain azyme, cherchons si le pain fermenté préparé pour des tables humaines est plus pur et plus intact que l’azyme populaire 3. » Il se contente de montrer quelle est l’origine du ferment qui provient de la levûre de bière ou du lait corrompu 4, c'est-à-dire de matières regardées comme sordides par tout le monde 5. « La masse à laquelle le ferment est mêlé se corrompt donc Or, aussi bien dans la

littérature divine qu’humaine, partout où il y a corruption, il y a détérioration, dissolution de la substance 6. » Le pain fermenté se moisit, ce qui arrive rarement à l’azyme ; il est gonflé, acide, caverneux, tandis que le pain azyme est plat et compact 7. Il est rare que dans les paraboles et dans l’Ecriture le ferment ne soit pas pris en mauvaise part, tandis que le pain azyme est le symbole de la pureté 8. Tout autre est, d’ailleurs, la préparation du pain azyme dans l’Eglise occidentale, et celle du pain fermenté dans l’Eglise orientale. « L’Eglise romaine et occidentale, dit-il, fait offrande de pain azyme, confectionné dans le secret par les ministres de ses autels. On le prépare sur le feu

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