‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 180 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

avec le grain du froment et de l’eau pure, ce qui signifie que l’on honore dans la personne du Médiateur divin, de l’Homme-Dieu, de Jésus-Christ, trois substances parfaites, la chair, l’âme et le Verbe divin de Dieu. Le grain représente la chair sortie uniquement de la chair de la Vierge, comme le grain sort du sein de la terre maternelle par la seule vertu céleste ; sans aucun attouchement humain, la divinité toute-puissante l’a animé en lui donnant une sutn stance plus pure, son âme, qu’elle a versée en elle, comme une eau éclatante et limpide. Ce sont ces deux substances que le Verbe de Dieu a reçues, dès le début de la Conception de la Vierge; semblable au feu, l’ardeur de sa divinité les a assimilées à lui-même. Préparé de cette manière, sous l’invocation fidèle de la Trinité tout entière, le pain azyme est le véritable corps du Christ ‘. »

A cette préparation si simple et si touchante Humbert oppose les habitudes de négligence des Grecs. « Vous achetez votre pain fermenté, leur dit-il, après l’avoir fait préparer par n’importe qui; il arrive que ce pain, acheté dans des tavernes publiques, est apporté à la table du Seigneur, et vous êtes forcés d’avouer qu’il a déjà été manié par des mains malpropres et sordides 1 2. » Comme il le dit lui-même, Humbert rend ainsi la pareille aux Grecs, et il faut avouer que les deux explications sont aussi poétiques et aussi plausibles l’une que l’autre. Dominique, patriarche de Grado, résumait très bien la discussion, en concluant à une mutuelle tolérance. « Le mélange de ferment et de farine, qui est en usage dans les églises d’Orient, disait-il, signifie la substance du Verbe incarné ; par contre, la pâte faite simplement d’azymes, à laquelle l’Eglise romaine s’est attachée, représente sans conteste la pureté de la chair à laquelle la Divinité a daigné s’unir 3. »

Humbert écarte de même l’accusation de judaïsme que les

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