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LES QUERELLES LITURGIQUES
Grecs ne cessaient de lancer aux Latins, et la retourne aussi contre ses auteurs. « Dans les azymes, dit-il, nous voyons bien autre chose qu’un usage juif, nous embrassons un sacrement \ » Et il montre sans peine que ce n’est pas la loi mosaïque qu’observent les Latins, puisqu’ils se servent d azymes toute l’année, et que, pendant les sept jours prescrits par l’ancienne loi, on voit, comme d’habitude, le pain fermenté paraître sur leurs tables 1 2. D’ailleurs, les offrandes de pain fermenté étaient recommandées par Moïse pour le jour de la Pentecôte ; il n'y a donc aucune raison qui empêche d’accuser aussi les Grecs de judaïsme 3. Enfin, il est impie de décrier l’ancienne loi qui a été « comme le bâton et la nourrice du Christ et de l’Église 4 ». Les deux symboles étaient donc aussi légitimes l’un que l’autre, et d’autres arguments étaient nécessaires pour les justifier. On chercha donc à s’appuyer sur l’exemple même du Christ et l’autorité des usages.
III. — S’il avait été possible, en effet, à l’un des deux adversaires de montrer de quel pain le Christ s’était servi, lorsqu’il célébra la Cène avec ses disciples, l’argument aurait été victorieux. Sans doute, ceux qui ont traité la question plus tard ont admis que l’exemple même du Christ ne préjugeait rien et que les deux conceptions pouvaient se justifier. Telles étaient, peu de temps après le schisme, l’opinion du pape Grégoire YII 5, celle de saint Anselme 6 et celle de Guibcrt de Nogent 7. Pourtant, si la démonstration avait pu être faite, il est évident qu’elle eût été concluante et que l’un des deux adversaires eût dû céder sous cet argument ou tout au moins le détourner. Or, pas plus dans ce domaine que dans