‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 187 sur 324 · Will, p · texte numérisé non relu

Will, p

LES QUERELLES LITURGIQUES

Ainsi, depuis une époque très ancienne, les deux Églises avaient chacune leurs usages particuliers. Bien plus, l’unité était loin de régner môme en Orient. Une église hérétique, celle d’Arménie, avait conservé l’usage des azymes 1 ; aussi Nicétas l’avait-il confondue avec les Latins dans la même polémique 2. Dans le sein même de l’Église orthodoxe, il y avait des divergences. Humbert oppose à la coutume de Constantinople celle de Jérusalem, relativement aux azymes. « Cette institution, vénérable pour les anges et pour les hommes, dit-il, la première église, Sion, la sainte, l’a maintenue jusque dans ces derniers temps, comme elle l’a reçue des apôtres. Plusieurs pontifes de Jérusalem ont déclaré dans leurs lettres combien leur coutume diffère de celle des Grecs . 3. » La liturgie compliquée en usage à Constanti¬

nople n’y a jamais été adoptée. Michel Cerularius lui-même s’en plaint vivement dans sa première lettre à Pierre d’Antioche, et, d’après son témoignage, l’usage des azymes régnait aussi à Alexandrie C

En réalité, les hommes du xie siècle ne pouvaient élucider le problème des origines de leurs usages et nous-mêmes sommes réduits aujourd’hui à des conjectures. L’usage des azymes a dû se maintenir au moins quelque temps dans la primitive église, par le fait même qu’il était un usage juif. A quelle époque a-t-on commencé à se servir de pain fer-

monté? Quand l’Eglise latine a-t-elle adopté la forme actuelle des azymes? Ce sont autant de questions insolubles. Au xvue siècle, Mabillon a essayé de les élucider dans son Traité des Azymes 3 5, et il n'a pu trouver, pour édifier ses théories, que des documents qu’il déclare lui-même suspects 6. De son étude se dégagent pourtant deux conclusions

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