CHAPITRE
qui jettent un certain jour sur la discussion du xie siècle. La première, c’est que l’usage du pain fermenté est très ancien dans l’Église grecque. L'auteur fait remarquer avec raison que bien avant Photius, d’après la liturgie de saint Jean Chrysostome, les Grecs possédaient déjà les mêmes instruments liturgiques qu aujourd hui : la lance, la cuiller, etc. ; ces instruments ne peuvent servir que pour un pain assez compact tel que le pain fermenté \ La seconde, c’est que l’usage des azymes est non moins ancien dans l’Eglise latine. Une monnaie du roi Charibert représente un calice surmonté d’une hostie ronde 1 2, et, à partir du ixe siècle, les textes des écrivains ecclésiastiques sont assez abondants pour prouver que toutes les églises occidentales se servaient d’azymes.
Cette double conclusion est intéressante pour l'histoire du schisme, car elle prouve encore une fois que Michel Cerularius choisit à dessein une querelle insoluble, puisque les droits des deux champions étaient également respectables et que l’un et l’autre pouvaient invoquer les autorités les plus sacrées, sans qu'il fût possible de se mettre d’accord. Ce fut bien ainsi qu’en jugèrent plus tard tous ceux qui voulurent amener un rapprochement entre les deux Églises : ils sacrifièrent la question des azymes. Au xie siècle déjà, des hommes tels que Dominique, patriarche de Grado, Grégoire VII et Saint-Anselme n’y voyaient pas une très grosse difficulté 3. C’est ce qui explique que le concile de Florence ait tranché la question en faveur des deux adversaires, en décidant que les Latins consacreraient le corps du Seigneur avec le pain azyme, les Grecs avec du pain fermenté 4.
Telle est encore aujourd’hui la règle dans les Eglises unies d’Orient.