II. — LE MARIAGE DES PRÊTRES
La simonie était accompagnée en Occident du nicolaïsme. Les étranges clercs aux habitudes séculières qui achetaient parfois les évêchés et les abbayes n’entendaient pas vivre selon les canons. Ils se mariaient ou entretenaient des concubines, et leur plus grand désir était de transmettre à leurs enfants la parcelle du patrimoine des pauvres qu’ils avaient achetée à beaux deniers comptants. Dans plusieurs provinces certains évêchés, certains bénéfices étaient devenus à peu près héréditaires, et les chroniques du temps sont un commentaire suffisant du « livre de Gomorrhe », dans lequel Pierre Damien dénonçait les abus de l’Eglise d’une voix indignée \ Il fallait rendre à l’Eglise son idéal d’ascétisme, le souci de la vie éternelle, qui menaçait d’être étoufle par les passions terrestres. A cette œuvre travaillaient Léon IX et son entourage, mais, là encore, ils se trouvaient en dissentiments avec l’Eglise orientale. Ce n’est pas que dans l’empire byzantin les mœurs du clergé fussent aussi corrompues qu’en Occident. Là, suivant le témoignage même
1. Voir les faits recueillis dans Imbard de la Tour, pp. 360-365.