Migne, Pat. çp\, t. GII, pp. 724-725 d
2. Migne, Pat. lat., Contra Græcorum opposita, t. CXXI, pp. 324-332.
LES QUESTIONS DE DISCIPLINE 173
le pamphlet de Nicétas Pectoratus contre les Latins que la question fut posée pour la première fois. « De qui, dit-il aux Latins, tenez-vous la tradition de prohiber et de dissoudre le mariage des prêtres? Quel est le docteur de l’Église qui vous a transmis cette méchante coutume '? » Il ne cherche pas à rendre sa doctrine légitime par des arguments rationnels; il se contente de citer toutes les autorités sur lesquelles peut s’appuyer son opinion 1 2. Ce sont d’abord les Canons apostoliques. Dans le VIe livre des ordinations de Clément, on lit : « On doit ordonner les évêques, les prêtres et les diacres, que leur épouse soit vivante ou morte. Il ne leur est permis après l’imposition des mains, ni de vivre hors du mariage, ni de se marier, ni d’épouser de nouvelles femmes; ils doivent se contenter de celle qu’ils ont au moment de leur ordination 3. » Le Ve canon, chapitre 2, défend à l’évêque, prêtre ou diacre, de répudier son épouse sous prétexte de religion; les coupables sont menacés de prison ou de déposition 4. Enfin, le XLe Canon recommande que les biens des églises ne soient pas accaparés par l’épouse, les enfants ou les proches des évêques 5 6. Telles sont les règles des canons apostoliques. A leur autorité s’ajoute celle du concile in Trullo, qui les reproduit presque mot pour mot dans son XIIIe canon. Le mariage, d’après lui, ne peut être un obstacle à l’ordination des prêtres ou des diacres, et il menace d’excommunication ceux qui voudraient les forcer à répudier leurs femmes °. « Comment, s’écrie Nicétas, le saint pape Agathon ne s’est-il pas opposé à la condamnation par le synode des usages impies que vous concevez actuellement? Si vous teniez ces traditions des apôtres, il se serait certainement opposé aux décrets qui ont été promulgués chez nous par le synode et ne les eût pas