CHAPITRE III
reçus1. » Michel Cerularius transcrivit aussi ce canon au grand complet dans son Édit synodal, et il y ajouta l’autorité du concile de Gangra (32o-3il), probablement contemporain des Canons apostoliques. Son IVe canon prononce aussi l’excommunication contre ceux qui croient qu’un prêtre marié ne peut pas exercer le ministère sacerdotal 2.
Mais à ces autorités il était possible d’en opposer d’autres plus respectables encore, et ce fut ce que firent les Latins, Léon IX, dans un traité aujourd’hui perdu et le cardinal Humbert, dans sa réponse à Nicétas. Tous deux refusent d’abord, et avec raison, d’admettre l’authenticité des canons apostoliques derrière lesquels se retranchaient les Grecs 3 4 5 6. Il est, en effet, reconnu que ces canons ont été composés au me siècle, d’après une sorte de manuel religieux écrit, en syriaque, la Didascalia des Apôtres \ Ils peuvent donc nous renseigner sur l’état d’une partie de l’Église à cette époque, mais ils n’ont certes pas la haute autorité qu’on leur attribuait. Dans son traité, le pape relève l’opinion d'après laquelle l’Église romaine aurait toléré le mariage des prêtres à l’époque du pape Agathon. « Chez nous, dit-il, nul n’est admis au grade de sous-diacre, s’il n’observe une continence perpétuelle même vis-à-vis de sa propre épouse; après la réception de ce grade, le mariage est absolument interdit B. » Tel est le principe qui domine toutes les règles de l’Église romaine : un clerc consacré doit conserver la continence et n’avoir aucun rapport charnel (carnaliter) avec une femme. Il en résulte que les clercs qui n’ont encore obtenu que les ordres mineurs, portiers, lecteurs, exorcistes, acolytes, peuvent se marier, mais à condition de renoncer à obtenir les ordres majeurs c. « Cependant, si l’un d’eux désire arriver