‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 202 sur 324 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

indomptable des passions l’a entraîné vers elle, qu'il l’épouse d’abord en légitime mariage et qu’il soit consacré ensuite. » Ainsi l’esprit qui animait les deux Eglises n’était pas, en somme, très différent. Toutes deux regardaient la chasteté comme l’état parfait par excellence; toutes deux l’exigeaient de leurs hauts dignitaires et le recommandaient à la masse du clergé. Mais, en Occident, où les obstacles à la vie canonique étaient plus nombreux qu’en Orient, les réformateurs furent obligés pour faire triompher leur idéal d’ascétisme d’en appliquer les principes jusqu’à la dernière rigueur. Pour entraver la constitution d’une caste sacerdotale qui n’aurait pas tardé à séculariser toute l’Eglise, pour empêcher le mariage des évêques, il fallut interdire le mariage des prêtres. En Orient, au contraire, l’ascétisme se développait sans nulle secousse, comme dans un terrain favorable : les anciennes règles de l’Eglise paraissaient suffire à en assurer la victoire et la démarcation qui s’établissait déjà entre le haut et le bas clergé, empêchait de considérer les prêtres mariés comme des objets de scandale. Telle est l'explication du conflit qui s’éleva entre les deux Eglises sur cette question de discipline. Bien qu’elles eussent les mêmes tendances, elles ne ressentaient pas également la nécessité d’une réforme ecclésiastique. Aussi parleurs polémiques violentes, Grecs et Latins transformèrent en grave divergence ce qui n’était au fond qu’ün malentendu et firent une cause de guerre d'une question qui aurait pu devenir un sujet d'union entre les deux Eglises. Comme toujours l’esprit fut tué par la lettre.

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