‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 203 sur 324 · III. — QUESTIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

III. — QUESTIONS DIVERSES

Aux questions de discipline et de rites agitéës entre lc9 deux Eglises, peut s ajouter toute une série de reproches relatifs à des questions de maigre importance. Cette poléinique ne servit qu’à rendre évident l’exclusivisme de l’Églisë grecque qui regardait comme barbares tous les usages con-

LES QUESTIONS DE DISCIPLINE

traires aux siens et ne pouvait admettre qu’il y eût une vie religieuse en dehors d’elle. Elle trouvait tout mal dans

l’Eglise latine, comme naguère Luitprand n’avait vu à Constantinople que des motifs d’indignation et de moquerie. Il semble que l’on assiste à la querelle de deux étrangers qui se reprochent mutuellement de ne pas s’habiller, de ne pas manger, de ne pas vivre de la même façon. Et il faut bien le dire, ces reproches, qui nous paraissent si mesquins et auxquels les esprits éclairés du xie siècle n’attachaient qu’une médiocre importance, suffisaient alors à entraîner l’opinion du peuple et faisaient plus pour la cause de Michel Cerularius que les discussions de théologie les plus savantes. Ce serait donc une grave erreur de les négliger parce qu’ils nous paraissent insignifiants et incapables d’être une cause sérieuse d’éloignement entre les deux Eglises. Le but de l’historien n’est-il pas de se pénétrer de l’esprit des hommes dont il veut expliquer les actes et, pour bien connaître l’importance d’un préjugé, ne faut-il pas l’avoir éprouvé soi-même?

Parmi ces questions, la plus grave est celle du sabbat que Photius avait déjà soulevée 1 et que Ratram, moine de Corbie, avait discutée. Léon d’Achrida la reprit dans sa lettre à l’évêque de Trani. Il reproche aux Latins l’habitude qu’ils ont de jeûner le samedi. « Ceux, dit-il, qui gardent la loi du sabbat avec celle des azymes et se prétendent chrétiens, ne sont ni des Juifs ni de purs chrétiens; ils ressemblent à la peau d’un léopard dont le poil, ainsi que le dit le grand Basile, n’est ni noire ni tout à fait blanche 2. » De son côté, Nicétas renvoya les Latins aux autorités qu’il avait déjà invoquées sur la question des azymes, les canons apostoliques et le sixième concile œcuménique 3. A cette nouvelle accusation de judaïsme, Humbert répondit comme il convenait dans le dialogué du Latin et du Constantinopolitain. Non seulement il ^accepta pas le reproche, mais il le retourna contre les

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