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LES QUESTIONS DE DISCIPLINE
Ce n’est pas l’acte même de manger des viandes suffoquées qui lui paraît punissable, mais le scandale dont il est l’occasion. La prudence même avec laquelle Humbert traite cette question montre qu’à ses yeux elle avait la valeur d’un grave reproche et il ne néglige rien pour en justifier l’Église latine.
Il en est de même de la question de X Alléluia que les Latins omettent pendant le carême dans leurs chants liturgiques et ne reprennent qu’à Pâques. D’après Léon d’Achrida ils refusent ainsi de chanter : Laudate Dominum ou Benediclus qui venit \ qui sont les sens du mot hébreu Alléluia. Humbert justifie cet usage dans son Dialogue. En omettant ce chant pendant neuf semaines destinées à réparer les
négligences commises le reste du temps, l’Eglise ne songe qu’à manifester son esprit de pénitence 1 2. « En déposant pendant le carême les ornements et les richesses du langage, nous imposons à notre esprit un pauvre costume; n’ayant que la pensée du Christ, nous ne voulons rien savoir en dehors de sa crucifixion. » La pensée de ce supplice empêche, pour ainsi dire, les Latins d’interpeller Dieu et c’est la raison qui leur fait omettre également dans leurs chants le Gloria in excelsis 3.
Vient enfin une collection de griefs qui atteignent les mœurs et les habitudes du clergé occidental. Ils n’ont pas, à vrai dire, donné tous lieu à une polémique et la plupart ont été exprimés par Michel Cerularius dans sa lettre à Pierre d’Antioche ; ils n’en étaient pas moins, à ses yeux, des motifs de haine et, comme tels, malgré leur futilité, ils ont exercé leur action sur les événements. Parmi les nombreuses erreurs des Latins Michel Cerularius relève donc les suivantes :
« Dans la messe au moment de la communion un des officiants salue les autres en mangeant les azymes. De plus les évêques portent des anneaux aux doigts et, comme s’ils prenaient pour épouses leurs églises ils disent que c’est pour