LA QUESTION DES RAPPORTS ENTRE LE PAPE ET LE PATRIARCHE
1 . LA THÉORIE ROMAINE. — 2. LANCIENNE THÉORIE DES ORIENTAUX. - 3. LA THÉORIE DE MICHEL CERULARÏUS.
A vrai dire, une seule et même question dominait toutes les polémiques de théologie, de liturgie et de discipline agitées entre les deux Eglises : toutes les négociations eussent été faciles si l’on avait pu dire à qui appartenait l’autorité dogmatique. Du pape ou du patriarche de Byzance lequel était le plus vénérable? L’un d’eux possédait-il dans la chrétienté une voix prépondérante ou tous deux, pour rester en communionj devaient-ils se faire des concessions mutuelles et traiter ensemble comme des puissances égales? De la solution de ce problème dépendait l’aplanissement de toutes les difficultés ; il est donc important d’étudier de quelle manière il s'est posé au xie siècle. Mais c’est justement sur ce terrain qu’éclate dans toute son acuité le conflit entre les deux Églises. Nous touchons à la raison fondamentale du schisme; si elle est enlevée, on ne peut pas dire que les autres s’évanouissent, mais du moins l’accord paraît plus aisé. Si une transaction s’est produite au concile de Florence en 1430, c’est qu’avant toute discussion préalable l’autorité du pontife romain a été reconnue par les Grecs.